Rédaction RMS

Le 4e numéro de la RMS est disponible !


RMS 4-07Les abonnés de la RMS ont reçu récemment le quatrième numéro de l'année, couvrant la période de juillet-août 2007. Au menu, sécurité intérieure, ordre public, droit des opérations, systèmes de commandement. Et plein d'autres choses à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà le cas !

Après un numéro largement consacré à la dimension internationale, la RMS aborde la dimension intérieure et infraguerrière des conflits, avec les problèmes de la violence et de l'ordre public, ainsi que leurs conséquences sur la sûreté sectorielle telle qu'elle est envisagée notamment par l'armée suisse.

Sans plus attendre, voici donc le sommaire du numéro 4 de juillet-août 2007 de la Revue Militaire Suisse :

  • Editorial - Passage en force, maj EMG Alexandre Vautravers
  • La guerre aujourd'hui, Alain Bauer et Xavier Raufer
  • Forum Sécurité et Relations internationales, maj EMG Alexandre Vautravers
  • La violence, Raymond Sayegh
  • Incivilités et théorie de la «vitre cassée», François Dieu
  • Le maintien de l'ordre public en Suisse, Patrick Suhner
  • Sécurité intérieure - Qui fait quoi?, rédaction SSO
  • SAJ: Anti-terrorisme en Serbie, Zoran Milosevic
  • France: l'armée de métier suffit-elle à couvrir les besoins de sécurité?, Jean Pichot-Duclos
  • De la réaction de stress au sens de la cohérence : Psychologie des humanitaires, Ross Thomas
  • Evolution des effectifs terrestres en Irak et en Afghanistan 2003-2007, lt col EMG Ludovic Monnerat
  • Stratégie des moyens (2), Philippe Richardot
  • Evolution des armes antichars (3) - Panzerfaust: L'arme individuelle antichar jetable, maj EMG Alexandre Vautravers
  • L'arme à la maison ou la vertu de la force, col EMG Jacques F. Baud
  • Quand la guerre devient un jeu, Lt Frédéric Chollet
  • Le centre de recrutement de Lausanne : une organisation militaire de service, lt col Gaëtan Membrez
  • L'idée républicaine dans le monde, Erwan Delaplace
  • Les principes du droit des conflits armés et le ciblage (1), maj Pascal Zen-Ruffinen et cap Benjamin F. Brägger
  • Droit international humanitaire, Oskar Baffi
  • SIC FT, le système de conduite informatisé retenu par les forces terrestres suisses, col Jean-Luc Michoud
  • INTAFF, maj EMG Hans-Jakob Reichen et maj EMG Alexandre Vautravers
  • SVO - L'armée devant les ambassades, à l'étranger ou dans les casernes ?, maj EMG Christophe Buache
  • Sécurité intérieure : nette augmentation des incidents dus à l'extrême gauche, Alain Mermoud
  • SSO - Prises de position de la SSO sur des sujets traités par le Conseil national pendant la session d'été
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Les récentes décisions annoncées au sujet de l'armée, concernant ses investissements comme son exploitation, montrent désormais la situation grave dans laquelle elle se trouve et la dégénérescence qui l'attend si aucune réaction n'a lieu. La semaine dernière, le Conseil fédéral a annoncé son intention de poursuivre l'acquisition d'un remplaçant pour le F-5 Tiger et de prendre une décision en la matière jusqu'en 2015, tout en suspendant pour des raisons financières la procédure d'acquisition actuelle. Cet investissement, le cas échéant, devra se faire sans crédit extraordinaire. En parallèle, le commandement de l'armée a également annoncé que les services d'instruction vont être dès l'an prochain adaptés en vue de réduire la charge de travail qu'ils induisent sur le plan logistique, domaine où l'armée connaît depuis des mois des problèmes majeurs, liés en partie à l'introduction difficile du système Log@V. A cette fin, le commandant de l'armée a pour sa part décidé de former sous la conduite du divisionnaire Peter Stutz, l'énergique chef de l'état-major de conduite de l'armée, un groupe de pilotage spécialement dédié aux lacunes logistiques qui touchent les troupes, ceci en vue de leur résolution rapide. Le travail de ce groupe a commencé cette semaine déjà. Si l'on ajoute à ces mesures celles révélées par les médias au début du mois de juillet, selon lesquelles les difficultés financières de l'armée ont imposé un gel dans l'engagement comme dans le remplacement du personnel ainsi qu'une suppression des primes de toute nature versées à celui-ci, la question de la santé de l'institution militaire se pose de façon aiguë. Est-ce que notre armée traverse une crise passagère, dont la résolution se précise, ou est-elle déjà aux soins intensifs, régie par les mesures d'urgence ?   Une vacance du pouvoir C'est au milieu de 2007 que le commandement de l'armée a lancé les premières mesures dites d'optimisation - c'est-à-dire d'économie - touchant tous les domaines d'activité ; parmi celles qui ont eu un effet immédiat, on peut citer la mise hors service de l'engin guidé sol-sol 77 Dragon. En parallèle, les Forces Terrestres avaient déjà lancé l'année précédente la démarche  qui mènera à l'étape de développement 08/11, avec à la clef une réduction des formations lourdes, une concentration des structures d'instruction et une augmentation des formations prévues pour les engagements dits probables. La situation de l'armée apparaissait dès cette époque sous un jour sombre : la réduction constante du budget de l'armée plaçait ce dernier nettement en-dessous des 4,3 milliards de francs promis par les dirigeants politiques lors de la conception de l'Armée XXI, alors même que les dépenses d'exploitation augmentaient dans des proportions sous-estimées. De plus, la réduction tout aussi constante du personnel s'est faite plus rapidement que la diminution des besoins, en raison de l'inertie propre à l'armée de milice dans sa diminution de format, au point de générer des lacunes critiques dans la logistique notamment. Comment expliquer ce décalage entre la planification et la réalité ? Une armée réduite de moitié mais qui produit autant de jours de service, qui centralise et réduit ses infrastructures tout en augmentant leur utilisation, qui prolonge et professionnalise son instruction de base tout en augmentant sa disponibilité opérationnelle, est une armée qui, proportionnellement, coûte plus cher, nécessite plus de personnel instructeur, use davantage son équipement et dégrade plus vite son infrastructure. Elle a besoin d'un plancher minimum, en termes de finances et de personnel, en-dessous duquel sa conception même devient caduque. Mais les années de mise en place de l'Armée XXI ont été des années de bouleversement et d'adaptation permanente, en raison des changements radicaux vis-à-vis de l'Armée 95. Des difficultés de mise en œuvre sont apparues, par exemple dans le domaine du personnel de milice, avec l'entrée en service simultanée de PISA 2000, dans le corps des militaires de carrière, où la transformation de l'instruction engendrera des départs en masse, et bien entendu dans le domaine de la logistique, principale cible des réductions de personnel, ce qui entraînera des restructurations successives. En d'autres termes, il faudra attendre plusieurs années avant que l'écart croissant entre les ressources nécessaires et les ressources disponibles soit pleinement constaté ; le temps que les turbulences créées par la transformation se dissipent un tant soit peu, le temps aussi que les nouveaux processus soient entrés dans les mœurs et fonctionnent. Le fait d'être en situation de déficit, c'est-à-dire d'occasionner davantage de dépenses que n'en autorise le budget, et donc la nécessité d'intégrer pleinement la dimension budgétaire à la conduite supérieure, constituaient également une nouveauté pour l'armée et pour ses chefs. C'est donc entre le deuxième semestre 2007 et le premier semestre 2008 que le commandement de l'armée aurait pu réagir et reprendre l'initiative. Or, par malheur, c'est à cette période que l'armée a perdu coup sur coup 4 commandants de corps : le commandant des Forces Terrestres, Luc Fellay, mis à l'écart sans ménagement ; le Chef de l'Armée, Christophe Keckeis, parvenu à l'âge de la retraite ; le commandant des Forces Aériennes, Walter Knutti, suite à l'accident de la Kander ; et le nouveau Chef de l'Armée, Roland Nef, suite à des révélations incapacitantes sur sa vie privée. Cette déstabilisation au sommet de l'institution militaire s'est révélée d'autant plus grave que la direction politique était elle-même de plus en plus affaiblie, et incapable de réagir face à l'urgence de la situation. Confronté à des propositions d'économie radicales par ses subordonnés militaires, mais désireux de ne pas bouleverser davantage une armée en quête de stabilité, Samuel Schmid a refusé de trancher dans le vif, c'est-à-dire de remettre en question la conception de l'armée qu'il a lui-même fortement influencée. Et, ce faisant, il n'aura fait que repousser de quelques années des décisions indispensables. La démission de Samuel Schmid et son remplacement par Ueli Maurer, à la fin de 2008, ont prolongé cette période d'indécision de quelques mois. Mais c'est l'armée qui, elle-même, avant même l'élection de l'ancien président de l'UDC, a réduit sa propre capacité à évaluer et à planifier les mesures lui permettant de retrouver une adéquation entre ses ressources et ses activités ; et ceci en décidant en 2009 de fusionner l'état-major de planification de l'armée avec l'état-major du Chef de l'Armée, c'est-à-dire en supprimant largement le premier et en se privant de son aptitude conceptuelle. Cette amputation était d'autant plus maladroite qu'en parallèle ont commencé les travaux sur le nouveau Rapport sur la politique de sécurité, et sur une mise en œuvre militaire connexe qui deviendra le futur Rapport sur l'armée (Armeebericht). Faute d'une organisation permanente et accoutumée à concevoir l'avenir de l'armée, il a fallu recourir à des groupes de travail ad hoc réunissant des représentants de toutes les organisations de l'armée pour élaborer, dans des délais très courts et sans grande marge de manœuvre, les contenus attendus de la part des militaires. Pour aggraver le tout, l'une des démarches menées entre 2008 et 2009 par l'état-major de planification de l'armée pour identifier les mesures permettant de faire des économies et de se rapprocher de l'équilibre financier, le Strategy Check, a été totalement décrédibilisée par les révélations concernant le chef de ce projet, le faux docteur Tiziano Sudaro ; ce dernier ayant falsifié ses titres académiques et usé de méthodes douteuses pour gravir les échelons de la hiérarchie militaire, les travaux réalisés sous sa responsabilité ont été réduits à néant.   Un faux dilemme à reconnaître Ainsi, bien que le commandement de l'armée parle depuis 3 ans de mesures d'optimisation, les différentes démarches lancées dans ce sens en sont restées aux réponses partielles et graduelles, alors que le déficit sur le plan des finances comme du personnel était une remise en cause directe et intégrale. On a essayé et on essaie toujours plus de faire des économies, de prendre conscience des coûts et de mettre en place les outils permettant de les estimer ; on a introduit un nouveau modèle comptable et des logiciels de saisie des temps de travail. Mais les effets obtenus à ce jour restent modestes. En fait, les décideurs de notre défense, au premier rang desquels figure bien entendu le Chef du DDPS, ont été pris dans un dilemme insoluble : soit ils poursuivaient la mise en place de l'Armée XXI avec des aménagements progressifs, au risque d'ignorer ses problèmes fondamentaux, soit ils tiraient les conséquences des perspectives budgétaires de la Confédération et lançaient une nouvelle réforme, au risque de déstabiliser une fois de plus l'armée. C'est la première option qui a été choisie, mais elle l'a été par défaut, parce que l'on s'est interdit la deuxième. Il s'est en effet développé ces dernières années une idée fixe, selon laquelle notre armée de milice ne supporterait pas de sitôt une nouvelle réforme et devait être au contraire stabilisée, préservée des changements par trop radicaux. Il est vrai que le changement permanent est difficile à encaisser pour les cadres effectuant au maximum 30 jours de service par année ; d'un autre côté, les changements logiques et nécessaires ne sont pas difficiles à accepter, et l'économie privée est accoutumée à de tels changements pour conserver sa compétitivité et sa rentabilité - notamment dans les entreprises dont la survie est menacée. Du coup, le commandement de l'armée a été particulièrement attentif à minimiser l'ampleur des changements qu'il a ordonnés. L'étape de développement 08/11 n'était pas une réforme, mais simplement une évolution ; la spécialisation des troupes entre défense et sûreté sectorielle a pourtant un impact immense. La compression des structures de conduite de l'armée annoncée à l'été 2009 n'est pas une réforme, mais simplement une optimisation ; l'abolition projetée des Forces et la séparation des commandements entre engagement et instruction auraient pourtant un impact encore plus grand. En parallèle, l'armée a mené ces dernières années des projets qui, à eux seuls, ont eu sur la troupe autant d'impact qu'une réforme. On peut citer l'introduction du SIC FT (FIS HE), qui par la numérisation transforme de manière radicale la conduite tactique des formations terrestres, celle de Log@V, qui promettait une gestion centralisée et digitale des équipements militaires, et qui pour l'heure n'y parvient guère, ou encore la modification du modèle d'instruction dans les écoles avec le retour des cadres de milice au début de celles-ci. La transformation permanente, annoncée avec l'Armée XXI, a bien lieu. Enfin, et c'est paradoxal, la prise de conscience toujours plus aiguë de l'impasse budgétaire dans laquelle s'était engagée l'armée a amené ses responsables politiques et militaires à multiplier les petites phrases et les ballons d'essai sur des aspects essentiels de la défense nationale. C'est ainsi que l'on a suggéré ces derniers mois de renoncer à la mission de défense pour concentrer l'armée sur l'appui aux autorités civiles, ou encore de renoncer aux cours de répétition traditionnels pour les remplacer par des services de piquet. Voilà qui n'a guère rassuré ceux qui tiennent à notre outil militaire. Ainsi, rivalisant de projets pour s'adapter à son époque, mais s'interdisant toute réforme d'ensemble, confrontée à un déficit rendant caduque sa conception, mais s'interdisant d'en imaginer une autre, notre armée est entrée à reculons dans la phase de remise en question lancée par le nouveau Rapport sur la politique de sécurité. L'intention affichée initialement d'apporter un minimum de changement, et surtout de ne pas faire un Plan directeur de l'armée, n'a pas pu être maintenue : le futur Rapport sur l'armée en tient largement lieu, et l'armée n'échappera pas à une transformation en profondeur. Les décisions annoncées la semaine dernière doivent donc être interprétées dans ce sens : faute d'avoir tiré les conséquences du présent comme d'avoir anticipé et conçu son avenir, l'armée a laissé partir le train de la réforme, c'est-à-dire de l'adaptation aux conditions-cadres que forment missions, moyens et méthodes, et subit pleinement les effets de son déséquilibre. Piégée par le faux dilemme entre évolution et transformation, mais aussi privée de direction comme de décision politique, elle a pour l'heure perdu l'initiative et se voit contrainte de demander une rallonge financière pour reprendre pied et repartir de l'avant. Dans la mesure où la plupart des partis politiques sont pour l'heure opposés à une augmentation du budget de l'armée, cette approche ne semble pas pertinente : il ne s'agit pas d'obtenir les ressources permettant de perpétuer le modèle actuel, mais bien de développer un modèle compatible avec les ressources disponibles - en comptant, certes, que celles-ci se maintiennent à leur niveau actuel. Le volume de l'armée, la durée des services, le mode d'alimentation, l'articulation des troupes ou encore le modèle d'instruction doivent être, si nécessaire, adaptés à ces ressources - et pas l'inverse. De tout cela il découle que, effectivement, l'armée est aujourd'hui aux soins intensifs et que sa survie est en jeu. Sans nouvelle conception, sans adéquation retrouvée avec ses conditions-cadres, elle semble promise à une lente dégénérescence. Il est temps de réagir.   Rédaction RMS
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Les informations et spéculations sur le rôle des services de renseignements comme des forces spéciales suisses dans le cadre de la crise libyenne montrent que les luttes de pouvoir comptent davantage que les intérêts du pays. A quel prix ? Depuis quelques jours, les médias du pays se répandent en révélations plus ou moins étayées sur de possibles tentatives d'exfiltration ou de libération des otages suisses détenus à Tripoli par le régime libyen. Le tout alimenté apparemment par l'entourage de conseillers fédéraux. Il n'appartient pas à la RMS de se prononcer sur les actions potentielles que l'armée aurait évalué ou préparé dans ce cadre : le maintien du secret est un devoir que nous prenons au sérieux. En revanche, l'existence et les conséquences de telles révélations méritent l'analyse et la réflexion, surtout dans le contexte général de l'augmentation des enlèvements et des pressions exercées par ce biais.   Règlements de comptes Le retour en Suisse de Max Göldi, détenu depuis presque 2 ans par le régime du colonel Kadhafi dans ce qui constitue une véritable prise d'otage étatique, a rapidement provoqué des règlements de compte au plus haut niveau de l'exécutif fédéral : on ne peut interpréter autrement les affirmations des médias selon lesquelles l'entourage de Hans-Rudolf Merz aurait divulgué des informations sur de prétendues actions militaires préparées sous l'égide de Micheline Calmy-Rey, laquelle s'est défendue - également par voie de presse - de tout agissement solitaire et non coordonné. La Présidente de la Confédération a aujourd'hui clarifié les choses devant les représentants de la presse : le Conseil fédéral a été informé après coup des différentes options poursuivies par les Départements concernés en vue de résoudre la crise libyenne et de rapatrier les citoyens suisses retenus à Tripoli, options dont la légalité du reste a été vérifiée et confirmée. Les médias, qui ont les moyens de vérifier les assertions des uns comme des autres, ont d'ailleurs révélé dès la semaine dernière que le Chef de l'Armée, et donc le Chef du DDPS, ont donné leur aval en 2008 comme en 2009. En revanche, Doris Leuthard a également souligné que les indiscrétions faites ces derniers jours constituent une infraction pénale. On espère donc qu'une enquête sera menée pour en connaître les responsables, même si les sources indiquées par les journalistes montrent que cela sera pour le moins délicat. Il est en effet absolument inqualifiable que des informations classifiées et particulièrement sensibles soient jetées en pâture pour justifier ou incriminer le comportement de l'un ou l'autre membre du Conseil fédéral : privilégier l'intérêt personnel au détriment de l'intérêt collectif et national est totalement contraire à la fonction même du Gouvernement. Ce n'est pas un hasard si les États modernes ne communiquent aucune information spécifique sur leurs services de renseignements ou sur leurs forces spéciales : ces outils stratégiques ne peuvent pleinement jouer leur rôle et fournir des options d'emploi que si leurs capacités, leurs préparatifs et leurs activités sont protégées. Divulguer des informations sur ces outils est donc doublement irresponsable : non seulement de manière générale, pour une question de principe, mais également de manière spécifique, parce que la crise libyenne n'est pas nécessairement terminée. Surtout au regard de l'évolution de la situation en matière de prises d'otages. Les enlèvements de citoyens suisses pour des motifs divers - politiques ou pécuniaires - ont en effet tendance à se multiplier ; il serait donc faux de croire que le bras de fer avec le colonel Kadhafi ne constitue qu'une parenthèse, et d'autres situations aboutissant à un chantage exercé sur la Confédération relèvent tout simplement de la certitude. Il peut certes apparaître surprenant que la Suisse tente depuis quelques années de développer des réponses à cette menace pour ses intérêts, notamment par la transformation des services de renseignements et par la création de forces spéciales, puisque cela ne s'accorde pas à nos habitudes. De tels instruments sont pourtant indispensables. Ceci dit, au vu de l'incurie qui règne actuellement dans certaines ailes du Palais fédéral, il est aisé de parvenir à la conclusion que l'existence d'instruments adaptés à la prévention comme à la résolution de crises reste vaine sans la compétence de s'en servir. Et si l'administration fédérale s'est organisée en conséquence, comme le montre l'avènement d'un centre de gestion de crise au DFAE, il n'en va pas automatiquement de même au sein du Conseil fédéral. Il faut donc espérer que toute l'affaire libyenne génère une véritable prise de conscience en la matière, et que la conduite stratégique du pays mérite bel et bien de porter cette désignation.   Rédaction RMS
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A l'occasion des commémorations du 50e anniversaire des obsèques du général Guisan, la personnalité exceptionnelle du dernier commandant en chef de l'armée est à nouveau au cœur des esprits. La mémoire d'Henri Guisan reste un sujet indissociable de la Suisse contemporaine, dans une perspective historique, militaire bien sûr, mais aussi politique. La popularité sans équivalent du Général ne cesse de frapper, d'intriguer, mais aussi de déranger. Si les Suisses se sont reconnus en lui à une époque particulièrement sombre et dangereuse de leur histoire récente, et s'ils ont été près 300'000 à assister à son enterrement, le 12 avril 1960, cette figure paternelle et rassurante a bien entendu subi la critique, pas toujours honnête et objective, des historiens spécialisés. Les polémiques intéressées ne sont toutefois plus vraiment d'actualité, et les réécritures revanchardes de l'histoire de la Suisse pendant la Seconde guerre mondiale trouvent dans le souvenir du Général un contrepoids utile. Raison de plus pour s'intéresser aux activités parallèles au 50e anniversaire de ses obsèques.   Cérémonies, colloque et livre Le 12 avril 2010 sera ainsi une journée de commémoration : organisée conjointement par la Confédération, l'État de Vaud, la ville de Pully et la Fondation Général Henri Guisan, cette journée commencera à 0730 à Verte-Rive par un tir au canon, puis se poursuivra à 0900 par un dépôt de gerbe au cimetière de Pully, là où est enterré le Général. A 1100 se tiendra le vernissage de l'exposition « Le Général Henri Guisan », à nouveau à Verte-Rive, alors qu'un culte du souvenir se déroulera dès 1430 à la cathédrale de Lausanne. Enfin, la journée sera conclue par une prise d'armes, de retour à Verte-Rive, à 1730. Le souvenir, la reconnaissance seront donc au cœur des activités, mais aussi l'actualité de sa pensée, de sa capacité à cerner les enjeux essentiels de son époque et les ressorts permettant d'agir. La Société Vaudoise des Officiers, pour sa part, organise les 16 et 17 avril un colloque intitulé « Un demi-siècle après le Général Guisan, quelle sécurité pour la Suisse ? ». La journée du vendredi 16, qui aura lieu à la maison pulliéranne (à Pully donc), comprendra 6 tables rondes différentes, dont 2 d'entre elles en parallèle, chacune rassemblant des personnalités et des experts du monde politique, académique, scientifique ou encore bien sûr militaire. Les thèmes traités aborderont ainsi différentes facettes telles que la perception de l'insécurité, la formation dans le domaine de la sécurité, les conséquences des changements climatiques, l'avenir du renseignement, les risques des cyberattaques, et bien entendu la politique de sécurité. La journée du samedi 17 sera l'occasion d'assister à un débat public au Théâtre de l'Octogone à Pully, modéré par Serge Gumy, sur le thème « L'État, la Peur et le Citoyen : la sécurité au quotidien ». Parmi les participants, on notera la présence de Philippe Leuba et Daniel Brélaz pour les autorités politiques, du conseiller national Yvan Perrin, du procureur Daniel Zappelli, du commandant de la police cantonale neuchâteloise, le colonel André Duvillard, du professeur Uli Windisch, ou encore du divisionnaire Jean-François Corminboeuf et du colonel EMG Jacques Baud. Il faut également souligner la publication d'un ouvrage original sous la plume conjointe de Jean-Jacques Langendorf et de Pierre Streit, « Le Général Guisan et l'esprit de résistance ». Publié aux éditions Cabedita, ce livre se penche sur l'idée du Réduit national et place les réflexions du Général en la matière dans leur contexte historique, en effectuant des comparaisons avec d'autres dirigeants placés dans une situation comparable, et avec d'autres pays ayant choisi une approche semblable. A l'occasion de ces commémorations, une présentation de l'ouvrage par Jean-Jacques Langendorf aura lieu le 14 avril dès 2000 dans les locaux de la Ligue Vaudoise à Lausanne.   Rédaction RMS
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C'est le 16 avril prochain qu'aura lieu le Forum Sécurité 2010 de l'Université Webster, consacré cette année au thème du contrôle des guerres et des armements. De nombreux orateurs internationalement reconnus animeront plusieurs ateliers durant la journée. Le XXe siècle a été l'ère du développement humain la plus coûteuse sinon la plus mortelle. Deux guerres mondiales, précédées par un siècle de colonisation et suivies par une course ruineuse aux armements et à la technologie, ont trouvé leur point culminant dans la destruction mutuelle assurée, un équilibre et une impasse de la terreur. Traditionnellement, les États ont éprouvé le besoin d'augmenter leur préparation et leur potentiel militaires pour dissuader des adversaires. Mais l'industrialisation de la guerre et du génocide, le développement d'armes non conventionnelles capables de détruire la race humaine toute entière comme la surface de la terre, et finalement la miniaturisation d'armes perfectionnées utilisées pour l'espionnage et pour le terrorisme, ont mené à l'impasse de guerres impossibles à gagner. Le désarmement et la limitation des armes ont une longue histoire, depuis les conventions de Genève (1864), les traités de limitation des armes conventionnelles au début du XXe siècle jusqu'aux traités de limitation des armes stratégique (SALT) et les traités de non-prolifération des années 70. Après avoir abordé les problèmes de la transformation des conflits dans une perspective globale (2007), les conflits internes (2008) puis les incidents politiques et militaires (2009), la quatrième édition du Forum Sécurité Webster va ainsi se pencher sur la limitation des guerres et de l'armement. Les différentes parties vont traiter les questions suivantes : Existe-t-il vraiment des guerres limitées? Les conventions de Genève et la limitation des armes comme des méthodes de guerre La limitation des armes stratégiques et la non-prolifération La limitation des armes conventionnelles   L'Université Webster a donc le plaisir de vous inviter à une manifestation à laquelle est notamment associée la Revue Militaire Suisse, qui aura lieu de 0900 à 1700, au 15 route de Collex, à Bellevue près de Genève. Pour plus de renseignements, on consultera le site http://www.webster.ch/.   Rédaction RMS
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Geopolitis, l'émission de Xavier Colin sur la Télévision suisse romande (TSR), consacre son émission du 18 mars à la guerre des drones. Le rédacteur en chef de la RMS va y participer. L'utilisation de drones est aujourd'hui devenue courante, en Afghanistan, en Irak ou en Israël. Il existe plusieurs types de drones : des systèmes de renseignement stratégiques aux drones de combat (UCAV). Ceux-ci posent désormais des questions juridiques, éthiques et politiques - en particulier lors de missions de combat de drones américains contre Al-Qaeda au-dessus du Pakistan. Les drones sont en mesure de diminuer les risques encourus par les servants ou les opérateurs. Mais ils connaissent certaines limites. Premièrement, ils agissent de manière relativement prévisible et peuvent être contrés. Ensuite, ils ne peuvent opérer impunément que dans le cadre d'une supériorité aérienne et technologique importante. Enfin, leurs applications se limite pour le moment à des applications simples, comme l'air ou l'espace. L'émission peut être visionnée ou téléchargée à l'adresse suivante : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=327200&sid=11835486. Elle sera diffusée le jeudi 18 mars 2010 à 2140. L'invité de l'émission sera Alexandre Vautravers, directeur du Département de Relations internationales de l'Université Webster à Genève et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse (RMS), a rédigé sa thèse en 2003 sur l'histoire de l'industrie suisse d'armement de 1850 à nos jours.   Rédaction RMS
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Vendredi 2 février 2007, environ 150 personnes se sont donné rendez-vous à Bellevue pour aborder le thème de la sécurité. Le Forum a été organisé par l'Université Webster de Genève, le Groupe d'études stratégiques de l'Université de Genève (GESUG), avec le soutien de la Revue militaire suisse (RMS), de la région territoriale 1, de la Société militaire de Genève (SMG) et de la Société vaudoise des officiers (SVO). Les activités et les présentations ont été articulées autour de quatre thèmes principaux: La transformation des conflits armés. Les risques civils et militaires au XXIe siècle. Le dilemme de sécurité des petits Etats. Sécurité et stabilité en Afrique. Dans son introduction, le col EMG Alain Vuitel, chef de la doctrine à l'Etat-major de planification de l'armée (EM plan A), a montré les changements de paradigmes dans l'appréciation des menaces, des forces et des actions militaires. Le défi de la transformation des forces est lié au degré de réalisme et de conviction dans l'appréciation des risques, mais aussi à la gestion adéquate des parcs importants de matériels obsolescents (« legacy forces ») dont le maintien en activité grève le budget et retarde les réformes. Une force moderne se doit de posséder quatre qualités principales: polyvalence, capacité à collaborer, ressources suffisantes et adaptabilité. Les forces armées du futur devront être capables de réaliser deux types de missions: le contrôle de la violence (stabilisation) d'une part, l'application de la force (contrainte, dissuasion) d'autre part. Dans le premier atelier, consacré à l'évolution des menaces et des types de conflits, John King a justifié l'abandon de la guerre en tant que « poursuite de la politique par d'autres moyens ». En effet, l'avance technologique et capacitaire américaine, le développement d'armes de destruction massive, le nombre croissant d'Etats démocratiques, la recherche d'un status quo et de nouveaux champs d'affrontement expliquent la diminution du nombre de conflits internationaux. Gyula Csurgai a évoqué l'utilité de l'approche interdisciplinaire et géopolitique pour analyser les risques et frictions potentiels sur le long terme. Claude Rakisits a présenté une analyse détaillée de la situation en Afghanistan et au Pakistan; il en a évoqué les enjeux -l'OTAN y joue sa réputation- et les solutions, qui passent par le renforcement des contingents déployés sur le terrain. Yucel Yuce a présenté les causes et la classification de groupes terroristes internationaux; il a démontré la modernité et la flexibilité structurelles de certains groupes, à l'instar d'Al Qu'aida. Oskar Baffi a fait une présentation remarquée sur l'utilisation par les agences de renseignement et la diplomatie américaine d'organisations non gouvernementales (ONG) pour induire et pousser à des changements politiques, voire à des révolutions, dans les satellites et les républiques ex soviétiques. La seconde session, en parallèle, a permis d'écouter le commandant remplaçant de la région territoriale 1, le col EMG Hans Georg Lüber, parler de la gestion de crise dans les domaines civil et militaire. David Humair, de l'EM plan A, a évalué les risques du terrorisme par le biais de substances ou d'armes de destruction massive. Antoine Wasserfallen, de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), a estimé le montant des coûts liés à la sécurité et à la sûreté dans la gestion de chantiers et de projets. Anibal Jaimes a présenté les origines latino américaines des prises d'otages et du chantage sur les expatriés ou les employés d'entreprises multinationales. Stéphane Koch a présenté les risques liés aux réseaux informatiques et à la cyber criminalité. Enfin, Sébastien Schröder a évoqué les principes et l'organisation des opérations d'information - version moderne de la propagande. Pour lancer la seconde partie de journée, Fred Tanner, directeur du GCSP, a présenté une vue d'ensemble des défis sécuritaires contemporains. Le divisionnaire Dominique Juilland, président de la Revue militaire suisse, a démontré la vulnérabilité des sociétés modernes, évoquant en particulier son expérience personnelle dans le domaine de la sécurité énergétique helvétique. Raymond Sayegh, après avoir défini et classé les différentes formes de la neutralité, a démontré son utilité et son influence sur la position et la politique étrangère de la Suisse. Jean-Marc Rickli et Alexandre Lambert ont mis en perspective les types de risques auxquels les petits Etats doivent faire face, ainsi que leurs capacité à coopérer. Philippe Mouchet, coordinateur de la Recherche opérationnelle, a brossé un rapide état des lieux des outils de gestion et de planification en Suisse; il a montré son évolution à partir de modèles techniques de probabilité et de précision vers des systèmes sophistiqués de validation de doctrines et d'organisation tactique et opérative. Et le col Hervé de Weck, ancien rédacteur en chef de la RMS, a montré l'importance des discussions opératives et stratégiques entre l'armée suisse et ses voisins au cours du XXe siècle. Le succès et la participation au Forum ont poussé à créer un quatrième atelier consacré à la stabilité de l'Afrique. Stuart Kingma a présenté les conséquences démographiques, sociales et politiques de la pandémie de SIDA. Le maj EMG Hans Jakob Reichen a fait une présentation fascinante sur son expérience d'une année en tant qu'officier d'information (PIO) en République démocratique du Congo. William Assanvo a évoqué les tentatives de coopération sécuritaires à l'échelle régionale. Puis, David Wanstall a présenté son analyse statistique et politique des coups d'Etat en Afrique, aboutissant à plusieurs conclusions inattendues. Au total, une trentaine de conférenciers se sont succédé au cours d'une journée dense et fructueuse. Des contacts se sont noués et des rendez-vous ont été pris pour l'an prochain. L'ouverture d'esprit et le franc-parler ont permis de montrer des chercheurs, des décideurs et un commandement de l'armée suisse en pleine transformation, en avance sur son image.   Rédaction RMS
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Le XVIe symposium du Centre d'histoire et de prospective militaires (CHPM) s'est déroulé les 12 et 13 février 2010 au Centre Général Guisan à Pully sous le titre « Choc, feu, manœuvre et incertitude dans la guerre ». Ces deux journées de réflexions et d'échange étaient donc placées sous le signe des travaux du colonel EMG Daniel Reichel, fondateur du CHPM, dont les écrits ont permis d'identifier ces éléments essentiels du combat et de la force armée. Elles ont permis un tour d'horizon particulièrement large, de l'Antiquité à nos jours, en présence d'historiens et de penseurs renommés. Pendant le symposium a également eu lieu l'assemblée générale du CHPM, qui pour la dernière fois a été présidée par le brigadier Michel Chabloz, lequel met ainsi un terme à 25 années d'activités au sein du Centre. Il passe le flambeau au brigadier Daniel Berger, actuel commandant de la brigade blindée 1. Les dix-huit communications présentées à l'occasion de ce symposium sont résumées ci-dessous. Les actes du symposium seront publiés en 2011.   Killing zone : la mort au combat en Grèce ancienne La première communication est présentée par le Professeur Pierre Ducrey, professeur honoraire de l'Université de Lausanne. Par « killing zone », on entend l'espace de quelques mètres ou centimètres qui sépare deux combattants à l'arme blanche jusqu'au choc ; mais cela décrit aussi les quelques secondes séparant les avions détournés le 11 septembre 2001 de l'impact sur les tours du World Trade Center, ou les quelques secondes séparant le camion bourré d'explosifs le 23 octobre 1983 du cantonnement des Marines américaines pris pour cible à Beyrouth. A la différence que de nos jours, certains clans, groupes ou réseaux ne recherchent aucune protection et comptent au contraire sur le sacrifice du combattant, ce qui constitue un changement de paradigme. Un autre parallèle peut être tiré entre l'histoire antique et l'époque contemporaine : alors que les Grecs avaient pour coutume de massacrer les hommes et d'emmener en captivité les femmes et les enfants lors de la prise d'une ville ayant refusé de se rendre, la ville de Srebrenica a subi le même sort en 1995, lorsque quelque 8000 hommes ont été massacrés par les troupes serbes bosniaques. L'iconographie antique montre clairement de tels massacres, ainsi que la réduction à l'esclavage des non-combattants. Cette violence extrême faisait partie des us et coutumes. C'est cependant bien le combat des phalanges grecques, visant à l'anéantissement des troupes adverses (y compris lorsqu'une phalange s'oppose à une autre phalange) et s'avançant en ordre rangé au son de la musique, qui incarne le choc à l'époque antique. La bataille, qui se déroule à coups de lance puis d'épée, produit bien plus de blessures sanglantes que l'historiographie ne l'a souvent dit. Ces combats très violents finissent d'ailleurs par montrer leurs limites, parce que la recherche d'autres approches tactiques aboutit à  la multiplication des armes de jet (le feu) et à la recherche de situations plus favorables (la manœuvre), ce qui rendra finalement caduque la phalange grecque.   La bataille de Novare (1513) : une victoire chevaleresque La deuxième communication est présentée par le Docteur Olivier Bangerter, membre du comité scientifique du CHPM. La bataille de Novare n'a pas marqué les esprits comme la bataille de Marignan, mais elle illustre le fonctionnement du système suisse et en montre les limites. Elle se situe à une époque où la France tente de reprendre le contrôle du duché de Milan, avec à ses côtés Venise, alors que seuls les Confédérés appuient le duc. Le siège de la ville n'aboutit pas, la Diète ayant envoyé des renforts. Le jour de la bataille, le 6 juin 1513, l'armée française compte 10'000 fantassins en état de combattre, soit 5000 lansquenets et 5000 fantassins italiens comme français, ainsi que 1500 cavaliers lourds, 1500 cavaliers légers, 25 canons et entre 400 et 600 arquebuses. Du côté suisse, on compte 8800 fantassins, avec une petite cavalerie milanaise, sans que l'on sache exactement comment l'armée confédérée était organisée ou commandée. Aux premières lueurs du jour, les soldats suisses sortent de la ville en désordre ; la première attaque est le fait des « enfants perdus » et vise l'artillerie française, mais elle n'aboutit pas. Le gros des Confédérés arrive sous le feu de l'artillerie française : 3000 hommes se lancent dans un assaut frontal, alors que 4000 autres tentent de tourner les positions françaises. L'attaque frontale est repoussée, mais les Français - et notamment la cavalerie lourde, engagée en contre-attaque - subissent des pertes sensibles ; l'attaque de flanc provoque un changement de front de l'infanterie française et de son artillerie ; le choc entre les Confédérés et les lansquenets est très violent, mais aucun adversaire ne cède du terrain. Les arquebuses des lansquenets déclenchent un feu sur les flancs des Suisses qui engendre des pertes énormes, mais les hallebardiers suisses sortent des rangs puis massacrent les arquebusiers allemands. Ceci aboutit à une retraite en désordre des troupes françaises. Les Suisses comptent quelque 1000 morts, contre 5000 à 7000 hommes pour les vaincus, et une bonne partie de leur artillerie. Novare est une victoire sans appel pour les Confédérés. Pourtant, les forces et faiblesses des deux camps étaient relativement équilibrées. Les Suisses ont pour eux la qualité tactique de leurs fantassins, dans l'effet de choc qu'ils engendrent et dans leur capacité à manœuvrer, y compris sous le feu adverse ; ils ont également un moral plus élevé et ont la conviction de leur supériorité vis-à-vis des lansquenets comme des Français. En revanche, leur commandement n'est pas unifié et peine à influencer la conduite des troupes, alors qu'une véritable mystique du choc frontal, qui s'est développée depuis les guerres de Bourgogne, aboutit à réduire l'importance accordée aux armes à feu. Le manque de cavalerie, enfin, a empêché de pleinement exploiter le succès et donc d'anéantir l'armée adverse. Les Français avaient une armée équilibrée, a priori capable d'une tactique interarmes entre infanterie, cavalerie et artillerie. Cette dernière est abondante et bien commandée, et le feu de ses canons est responsable de la majorité des pertes subies par les Confédérés. La cavalerie lourde a également gagné le respect des Suisses, grâce à ses contre-attaques sanglantes à travers les rangs pourtant serrés des piquiers helvètes. Enfin, les lansquenets font jeu égal ou presque avec les fantassins suisses, et ils le montreront à Marignan comme à Pavie. Toutefois, le caractère bicéphale du commandement français - qui plus est avec un Français et un Italien - aboutit à une conduite des troupes défaillante, ainsi qu'à une incapacité de prévoir l'attaque des Suisses, par excès de confiance. Les différentes armes, enfin, ne sont pas en mesure de s'appuyer l'une l'autre. A Novare, le choc - secondé de la manœuvre - l'a emporté sur le feu. Mais ce dernier tue bien davantage qu'avant, en ce début du XVIe siècle, ce qui indique la limite des tactiques confédérées et annonce les déconvenues prochaines.   L'évolution de la tactique des hussards au XVIIIe siècle en Europe La troisième communication est présentée par le Professeur Ferenc Tóth, maître de conférences d'histoire moderne à l'Université protestante réformée Gáspár Károli, Budapest. Les hussards sont aujourd'hui un symbole national hongrois, mais constituent pourtant un phénomène européen. On désigne par ce terme une cavalerie légère d'inspiration ottomane, apparue en Hongrie par le biais de la noblesse serbe, que les conquêtes des Ottomans ont progressivement repoussée toujours plus au nord. A l'origine, les hussards sont avant tout faits pour affronter les spahis ottomans, et sont équipés de lances comme de sabres pour pratiquer la manœuvre et le choc. Plus tard, la cavalerie hongroise constituera une évolution de ces hussards, et aura pour mission de protéger la très vaste frontière - véritable no man's land - avec l'Empire ottoman. La fréquence croissante des armes à feu au XVIIe siècle - notamment des pistolets - aboutit à une évolution des tactiques, entraînant ainsi à la fin de ce siècle chez les hussards hongrois la disparition des lances et renforçant la place du sabre. Les hussards polonais, connus dès la même époque lors des guerres du Nord comme à l'occasion du deuxième siège de Vienne, sont globalement similaires. La normalisation des hussards se produit en parallèle, avec la formation du premier régiment de hussards hongrois dans l'armée impériale en 1672. D'autres armées - dont l'armée royale française - créent ponctuellement des régiments similaires, surtout à partir de la guerre de Succession d'Espagne, régiments alimentés avant tout par des déserteurs des troupes hongroises, ceci en raison de la guerre d'indépendance mettant aux prises l'armée impériale et des rebelles sur le territoire de l'Empire. La guerre austro-turque de 1737-1739, plutôt méconnue, a cependant un impact majeur sur l'évolution des hussards : il n'y a eu durant ce conflit presque aucune bataille, mais des « affaires », c'est-à-dire des opérations de petite guerre, ainsi que l'application de la tactique de la terre brûlée, qui ont tout de même provoqué la perte de dizaines de milliers de soldats. Le manque de régiments de hussards dans les troupes impériales - 3 régiments seulement, pour une armée de 50'000 hommes - est alors criant. Lors de la guerre de Succession d'Autriche, les troupes impériales auront ainsi bien davantage de troupes hongroises sous forme de hussards (11 régiments au total, soit 35'000 hommes en période de guerre), qui vont jouer un rôle décisif pour sauver la situation de la reine Marie-Thérèse, dans la guerre qui l'a notamment opposée à la couronne de France. Ce sont du reste les expériences néfastes vécues face aux hussards hongrois lors de ce conflit qui vont décider les Français à introduire de nombreux régiments de hussards et à réglementer leur fonctionnement comme leur emploi. Les hussards impériaux ont également des succès initiaux lors de la guerre de Sept Ans, avec des coups d'éclat comme la prise de Berlin. C'est du coup la Prusse qui prend au sérieux la menace des hussards, et qui se met à former ses propres régiments de troupes légères à cheval, alors que Frédéric II pour sa part considère ces régiments comme des écoles de guerre propres à former les officiers. L'effet de ces réformes se verra lors de la guerre de Succession de Bavière, où ces nouveaux régiments prussiens feront la preuve de leur supériorité. Cette arme est donc en pleine évolution, l'art militaire des hussards devient de plus en plus complexe, dans un développement tout à fait comparable aux grands changements de l'époque.   Malplaquet, Fontenoy, Rossbach : les batailles-mères du choc et de la manœuvre au XVIIIe siècle La quatrième communication a été présentée par le Professeur Jean-Pierre Bois, professeur émérite d'histoire moderne de l'Université de Nantes. Ces trois batailles sont considérées ici uniquement sous l'angle tactique : Malplaquet est une bataille où l'on voit l'utilisation du feu ; Fontenoy montre comment est utilisé et mis en défaut le choc ; alors que Rossbach voit l'initiation d'une manœuvre qui transforme l'art de la guerre. Ces batailles ont été retenues par les militaires comme objets d'étude privilégiés pour leur réflexion au sujet de cet art. Malplaquet, une non victoire française, se déroule à la fin de la guerre de Succession d'Espagne, alors que la France est en situation difficile et se doit d'arrêter une invasion alliée en détachant une armée de secours. Fontenoy, une victoire française, se déroule alors que la France est dans une dynamique victorieuse, pendant la guerre de Succession d'Autriche, lorsque les Alliés tentent de prendre à revers l'armée française assiégeant Tournai. Rossbach, une déroute française, se déroule au début de la guerre de Sept Ans, alors que la France est en bonne posture, mais quand Frédéric II va au-devant des Français pour arrêter leur armée malgré une infériorité numérique. A Malplaquet, les Français commandés par Villars puis Boufflers prennent position dans une trouée, l'infanterie en ligne sur 4 rangs de profondeur, répétée à environ 300 mètres en arrière, puis la cavalerie - qui n'est plus déterminante pour le combat - encore derrière. Les Alliés commandés par Marlborough, le prince Eugène et Orange prennent, en ligne, une position relativement comparable. L'infanterie de ligne progresse par bataillon jusqu'à arriver à portée de l'adversaire, afin d'ouvrir le feu ; le résultat du feu déterminera ensuite le déroulement de la mêlée. A Malplaquet, excepté une mêlée dans un coin, la bataille s'est résumée à une immense fusillade (des « tireries », selon de Saxe), aboutissant à 30'000 hommes tués, blessés ou disparus. Après une journée de la sorte, les deux armées - utilisant un feu égal - restent sur leurs positions, et les Français attendent le lendemain un nouvel assaut allié qui ne viendra pas. Les discussions sur la bataille de Malplaquet aboutiront à donner une plus grande importance au fer, c'est-à-dire au choc. A Fontenoy, Maurice de Saxe a placé son armée en ligne d'angle, ce qui lui donne une meilleure vision de ses troupes, mais il a également fortifié les villages (Antoing, Fontenoy) et édifié quelques fortins, tout en installant de très fortes positions d'artillerie, car il attend la montée en ligne des Alliés. Ceux-ci, qui ont l'initiative, sous le commandement de Waldeck (Hollandais), Königsegg (Hollandais et Autrichiens) et Cumberland (Anglais et Hanovriens), attaquent effectivement en ligne, et sont repoussés à coups de canon, jusqu'à ce que les Anglais - avant tout en raison du terrain - attaquent en colonne, ce qui aboutit au choc. La ligne française ne résiste pas et subit des pertes importantes. Mais la colonne anglaise s'enfonce tellement qu'elle subit soudain l'action combinée de l'artillerie française, de front, de la cavalerie et de l'infanterie française sur les deux flancs, ce qui met hors de combat une colonne de 15'000 hommes. Les discussions sur la bataille de Fontenoy ont montré que le choc, à son tour, n'est pas nécessairement décisif. A Rossbach, les Français - affaiblis par un double commandement reflétant la composition des troupes - sont arrêtés par l'armée prussienne de Frédéric II disposée sur une colline, et prennent des positions renforcées. Le lendemain, les Français opèrent un mouvement tournant en vue de prendre l'armée de Frédéric II à revers. Ce mouvement, mis en œuvre trop lentement, est repéré et observé par les Prussiens, qui repositionnent leur armée en conséquence et mènent une charge furieuse contre la cavalerie française, puis contre l'infanterie française située derrière. Les Français sont mis en déroute. Les pertes en tués ne sont pas énormes, mais les Français perdront tout de même 10'000 hommes - avant tout prisonniers, signe de l'importance prise par la manœuvre.   La coordination interarmes pendant les guerres du premier Empire La cinquième communication a été présentée par Patrick Bouhet, historien, collaborateur scientifique auprès du ministère français de la Défense. Il s'agit d'abord de clarifier la terminologie entre combat, coordination et coopération interarmes. Le combat interarmes comme symbiose d'unité et de qualité d'armes différentes n'existe pas dans le premier Empire, parce que chaque arme occupe une surface, par sa densité, qu'elle ne peut partager. On peut parler seulement, pour cette époque, d'une coopération interarmes, et celle-ci est accidentelle ; il n'y a pas de conception a priori des 3 armes, mais la situation du moment - comme à Fontenoy - a fait que l'on prend les armes disponibles et qu'on les fait coopérer. On ne parle de coordination interarmes que lorsqu'il y a une doctrine préétablie, qui aboutit à une volonté commune dans l'emploi conjoint des trois armes. Avant la Première guerre mondiale, on parle d'ailleurs de liaison interarmes, lorsque chaque arme contribue au succès d'ensemble en combattant son propre adversaire - artillerie contre artillerie, infanterie contre infanterie. Ce n'est pas une coordination. Les penseurs militaires du XVIIIe siècle sont marqués par le débat entre ordre mince et ordre profond, mais aussi par la volonté de retrouver une capacité de manœuvre ; on cherche ainsi à combiner la ligne et la colonne. Des réflexions sont également émises concernant l'appui réciproque des armes, notamment entre infanterie et artillerie, ainsi que sur le principe de la division des troupes, afin de fixer l'adversaire et d'avoir les ressources - ce qui implique des armées nombreuses - pour pouvoir le harceler et l'user sur ses arrières. La période considérée n'est pas marquée par une modification rapide des technologies pour le fantassin : le fusil utilisé par les armées du début du XIXe siècle reste largement le même qu'au XVIIIe ; le fusil anglais introduit en 1730 sera ainsi utilisé jusqu'en 1830. En revanche, l'introduction de nouvelles techniques comme le pas cadencé a fortement renforcé la solidité des unités d'infanterie, et a augmenté leurs capacités de manœuvre. En parallèle, l'artillerie s'est allégée ; le train d'artillerie se militarise, alors que l'artillerie à cheval est créée en France en 1792, ce qui aboutit à redonner une vraie mobilité. Enfin, la cavalerie ne subit pas de changement majeur, mais une spécialisation des armes : hussards et chasseurs à cheval (cavalerie légère, pour la découverte, la couverture, le renseignement), dragons (qui sert pour le combat à pied et à cheval, et comme cavalerie de ligne), carabiniers et cuirassiers (cavalerie lourde pour le combat en ligne). Le tout fait que la manœuvre est à nouveau possible. On construit, sous le premier Empire, un ensemble qui tient donc compte des capacités des différentes armes. Ce qui aboutit à une coopération interarmes, avec une meilleure connaissance des armes respectives au sein des officiers généraux, sans que, pour autant, une doctrine commune soit élaborée. Au niveau opérationnel, en revanche, la création du corps d'armée permet d'avoir un ensemble cohérent avec des corps d'infanterie, comprenant de l'artillerie et une petite cavalerie, la garde impériale et des corps de cavalerie lourde. Cet ensemble permet de conduire la manœuvre avant la bataille, chaque corps agissant comme une petite armée et la garde servant de réserve générale. La période napoléonienne a permis à la tactique d'arriver à une certaine maturité concrétisant tous les écrits du XVIIIe siècle ; elle a permis, en les rassemblant, d'accéder à l'art opératif.   L'artillerie, force de frappe de l'armée napoléonienne La sixième communication a été présentée par le Docteur Alain Pigeard, spécialiste international d'histoire militaire napoléonienne. A la fin du XVIIIe siècle, on assiste en France à l'avènement du système de Gribeauval : pendant la guerre de Sept Ans, l'artillerie française n'était pas assez manœuvrière, et le poids de l'artillerie va être diminué de 40% afin de regagner en mobilité ; par ailleurs, les officiers d'artillerie seront instruits dans une école d'artillerie spécialisée. L'artillerie française sous l'Empire comprend 8 régiments à pied (un 9e lorsque la Hollande fera partie de l'Empire) et 7 régiments à cheval, avec en plus 13 bataillons du train d'artillerie (après la militarisation en 1807), auxquels il faut ajouter l'artillerie de la garde impériale. Le régiment d'artillerie à pied comprend 2 bataillons à 11, puis 10 compagnies, chacune comptant 6 pièces, soit 4 canons et 2 obusiers. L'artillerie à cheval (ou « artillerie volante ») a un ordre sensiblement identique. Les pièces d'artillerie vont dès lors devenir un enjeu tactique à part entière de la bataille, les lignes de feu qu'elles déclenchent ayant des effets sans commune mesure avec celles de l'infanterie. Les pièces d'artillerie de l'époque, en bronze, tirent jusqu'à 150 coups par bataille ; du reste, 85% des artilleurs sont sourds, en raison de ces cadences de feu. On compte environ 20 mètres entre chaque pièce placée en ligne. La portée utile oscille entre 800 et 1000 mètres, mais il existe des épisodes où des obus ont entrainé des pertes à une distance de 2300  mètres. Le parc d'artillerie est gigantesque, par exemple pour s'occuper des 1200 canons de la Grande Armée. De plus, il faut 15 soldats pour servir une pièce et l'approvisionner : 8 pour charger, mettre à feu et dégorger la pièce, et 7 pour transporter les obus des caissons (mis à l'abri) aux pièces (en principe placées sur des hauteurs). La place de l'artillerie se renforce constamment sous l'Empire. A Marengo, l'armée française compte 15 pièces de canon pour 30'000 hommes. Elle se développe ensuite constamment : 139 pièces à Austerlitz, 488 pièces à Wagram, 587 à la Moskova et plus de 600 à Leipzig.   Choc, feu, manœuvre et incertitude chez les penseurs allemands du XIXe siècle La septième communication a été présentée par Jean-Jacques Langendorf, écrivain et historien, maître de recherches à l'Institut de stratégie comparée de Paris. La théologie - en l'occurrence le piétisme - a joué un rôle essentiel dans la pensée militaire prussienne, et par extension allemande. Au milieu du XVIIIe siècle, la théologie allemande traverse une crise : face à la montée des sciences et des acquis scientifiques, le théologien se sent désécurisé, et il tente d'introduire une scientificité dans la théologie. C'est un retour aux choses elles-mêmes, à l'essentiel, que le piétisme veut mettre en œuvre (« Zu den Sachen selbst »). Et c'est exactement la démarche de Clausewitz : revenons à la guerre elle-même. La pensée militaire de la fin du XVIIIe siècle, engluée dans des détails insignifiants, consacrée par la Kartoffelkrieg (surnom de la guerre de Succession de Bavière, 1778-1779), où s'enchaînent des manœuvres sans résultat, sera ainsi vigoureusement remise en question. Dans « De la guerre », Clausewitz n'accorde qu'un chapitre extrêmement court à la manœuvre, pour dire avant tout de ne pas manœuvrer ; il s'agit au contraire d'attaquer, fondamentalement, systématiquement, sans perdre de temps à la manœuvre. Les questions-clefs sont : de quoi s'agit-il, et que faut-il faire. C'est une simplification radicale de la pensée militaire. Par ailleurs, les expériences très néfastes faites par les armées frédériciennes avec le feu, et notamment lors de la bataille de Torgau, où les pertes furent immenses et où le souverain prussien fut blessé, provoquent une prise de conscience que le choc ne sert plus à rien, que les armées n'arrivent plus au contact l'une de l'autre, surtout lorsque l'artillerie est engagée. Il s'agit dès lors de mener une action rapide, qui sera toujours moins meurtrière que la manœuvre effectuée sous le feu. Les plans de Moltke en 1866 se distinguent d'ailleurs par une simplicité extraordinaire : on fonce sur Vienne. La  guerre de 1870 illustre cette approche : il s'agit de foncer le plus vite possible, avec 3 armées, sur la capitale française, et de tout dévaster sur leur passage. Le combat à front renversé de Gravelotte est une exception : les Prussiens y cherchent le choc et subissent une véritable tuerie, et n'ont pas conscience d'avoir gagné la bataille alors même que les troupes françaises se retirent. Le roi de Prusse pleure d'ailleurs en parcourant le champ de bataille, devant l'ampleur du sacrifice consenti par ses troupes. Le retour à l'essentiel de la pensée militaire prussienne, en accord avec les réalités techniques de son temps, aboutit donc à privilégier le feu, sous la forme de l'attaque directe et frontale qu'il soutient. Zu den Sachen selbst !   « Manœuvre napoléonienne » et « offensive à outrance ». La manœuvre dans l'armée française entre 1880 et 1914 La huitième communication a été présentée par le Docteur Dimitry Queloz, vice-président du Comité de Bibliographie de la Commission internationale d'histoire militaire. L'armée française a eu deux doctrines entre 1880 et 1914 : la « manœuvre napoléonienne », développée par l'École supérieure de guerre, restée en vigueur jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, et l'offensive à outrance. Après la guerre de 1870, la défaite française fut expliquée avant tout par les déficiences intellectuelles au sein d'une armée fonctionnarisée, favorisant la routine et le service intérieur, au détriment de l'innovation. L'École supérieure de guerre fut créée pour combler cette lacune. Parmi les enseignants, les généraux Lewal, Maillard et Bonnal établirent en une décennie une doctrine interarmes, la « manœuvre napoléonienne », censée reprendre les secrets des victoires de l'Empereur, mais qui était toutefois une construction intellectuelle. Le règlement qui la mettra en œuvre en 1895 restera en vigueur jusqu'en 1913. L'importance du feu faisait partie de cette doctrine, en réponse notamment aux expériences de 1870. Mais le poids croissant du moral, en accord avec une époque de transformations rapides sur fond de nationalisme, se fera peu à peu sentir. Le but de la « manœuvre napoléonienne » consistait à détruire l'armée ennemie, et l'offensive constituait le moyen d'y parvenir. Cette manœuvre comptait 4 phases : l'engagement de l'avant-garde, le combat d'usure, l'attaque décisive, puis la poursuite - ou la retraite. De ce fait, l'avant-garde jouait un rôle-clef en assurant la sûreté de l'armée, en obtenant des renseignements et en menant des actions offensives forçant l'adversaire à dévoiler son dispositif. Le combat d'usure visait pour sa part à provoquer l'engagement des réserves adverses et donc à amener le point à partir duquel la décision pouvait être emportée. Cette doctrine fut remise en cause, d'abord dans ses fondements historiques il est vrai incertains, puis dans son application au sein des conflits contemporains (guerre des Boers, par exemple), et enfin dans sa nature même, comme au sujet du rôle prépondérant de l'avant-garde (et le fait que celle-ci devait comprendre environ 30% des effectifs). Le concept même de l'attaque décisive manquait de clarté. Du coup, la « manœuvre napoléonienne » tomba peu à peu dans l'abandon, tout en restant la doctrine officielle de l'armée. Le développement du rôle du moral, enfin, ouvrit la voie à l'offensive à outrance. Les grandes idées de celle-ci ont été présentées en 1911 par le colonel de Grandmaison. Ces idées ont formé les bases de la doctrine adoptée par l'armée française juste avant la Première Guerre mondiale. En dépit d'un état d'esprit très offensif et de l'importance accordée aux facteurs moraux, et contrairement à l'impression qu'en a donnée l'historiographie, cette doctrine était équilibrée. De plus, elle n'a pas été appliquée par les troupes faute de temps pour la diffuser, et donc n'est pas responsable des pertes immenses subies par les troupes françaises au début du conflit. La conception de Grandmaison tablait sur une sûreté obtenue par l'offensive elle-même, et accordait une primauté aux forces morales. Pour lui, il était nécessaire d'être plus offensif que l'adversaire ; de plus, la réalisation devait primer la conception. L'offensive à outrance comptait dès lors deux phases : premièrement, un engagement de colonnes juxtaposées et autonomes, précédées d'une avant-garde n'ayant que de faibles effectifs ; deuxièmement, un engagement de la réserve sur une aile dans une certaine mesure de manière préconçue, dans l'optique d'une action rapide. Les deux grands défauts de la « manœuvre napoléonienne » étaient la croyance en une vertu absolue de la manœuvre et le caractère systématique de ses principes, l'avant-garde et l'attaque décisive. La doctrine de l'offensive à outrance, comme réaction à la « manœuvre napoléonienne », était moins ambitieuse et présentait un caractère plus réaliste ; elle représentait toutefois un recul sur le plan conceptuel, le moral devenant le mode d'action tactique et la manœuvre lui étant subordonnée, alors que l'exécution du plan prenait clairement le pas sur sa conception, au risque de tout transformer en un « en avant ! » général.   Choc, feu, manœuvre et incertitude dans la guerre : l'exemple du combat de Rossignol (22 août 1914) La neuvième communication a été présentée par le lt col Olivier Lahaie, Chef d'escadron, directeur des études d'histoire à Saint-Cyr-Coëtquidan, docteur en histoire moderne et contemporaine. Le combat de Rossignol est l'exemple d'un affrontement imprévu, impensable. Dans le cadre du Plan XVII, le généralissime français vise à une double offensive, avec un effort porté au sud du front, en direction de l'Alsace, et un effort porté au nord, en fonction du comportement des troupes allemandes. Ceci aboutira à une attaque des troupes françaises - IIIe et IVe Armées - dans les Ardennes, pendant que deux armées allemandes s'avancent au nord-ouest, dans le cadre de la manœuvre prévue par le plan Schlieffen-Moltke. C'est donc dans un terrain coupé que se livrera un combat de rencontre. Du côté français, on ne comptait pas sur un engagement sérieux pour le 22 août 1914 ; c'est le corps d'armée colonial qui s'avancera sur Rossignol, comme partie est du fuseau de la IVe armée. La cavalerie du corps d'armée colonial se forme en avant sur une colonne, avec l'infanterie sur une autre colonne, et l'artillerie organique en appui. Au matin du 22 août 1914, les avant-gardes françaises butent sur les troupes allemandes ; mais c'est uniquement la 3e division d'infanterie coloniale qui affrontera tout un corps d'armée adverse, les autres éléments du corps d'armée colonial étant séparés par le terrain compartimenté et eux-mêmes au contact avec d'autres éléments allemands. Le commandement français ne se rend pas compte tout de suite que c'est une position déjà solide, avec des tranchées et des mitrailleuses, qui s'oppose à son avant-garde ; les ordres de poursuivre la poussée sur Neufchâteau aboutissent à des charges qui sont brisées dans le sang. Ce sont au contraire les Allemands qui vont repousser constamment les troupes françaises, lesquelles doivent organiser une défense dans le village de Rossignol et sont dès midi dans une situation critique. Une lutte terrible oppose les Français, toujours plus désespérés, aux Allemands, et les premiers finissent par être submergés en fin d'après-midi. La 3e division d'infanterie coloniale est ainsi sacrifiée, et ne parvient à retarder que de 24 heures la poussée allemande. Les autres éléments du corps d'armée colonial subissent également de lourdes pertes. Les causes de cet échec cuisant sont d'abord la sous-estimation des effectifs allemands par le commandement français, qui croit voir l'aile droite de l'adversaire là où se trouve son centre (et qui estime la présence de 5 corps d'armée là où 13 sont présents), et le mépris général du renseignement dans le commandement français, renseignement considéré comme un risque pour le maintien de l'esprit offensif. L'automatisme de l'offensive fausse tous les raisonnements, et la perception des rares informations est biaisée par la conviction qu'une attaque soutenue parviendra quoi qu'il en soit au succès. Ainsi, les informations sur la présence de nombreux soldats allemands devant leurs troupes, transmises par la population locale au commandement du corps d'armée colonial, ne seront simplement pas prises au sérieux ; pour leur part, les bulletins de renseignements transmis par le 2e bureau du GQG à la veille des combats n'annoncent que peu de troupes, mais ils sont vieux de 3 jours et totalement périmés. Les combats de Rossignol sont ainsi emblématiques de la guerre des frontières, avec à la clef des pertes énormes du côté français, dont 75% en raison de l'artillerie adverse.   Un choc qui paralyse : la stratégie de la marine impériale japonaise de Port Arthur (1904) à Pearl Harbour (1941) La dixième communication a été préparée par le Professeur Anthony Clayton, ancien professeur d'histoire militaire à l'Académie royale militaire de Sandhurst. En l'absence de l'auteur, elle a été lue par un membre du comité scientifique du CHPM. En 1904 et en 1941, le Japon commence deux fois une guerre contre un ennemi beaucoup plus puissant que lui, par une attaque surprise, c'est-à-dire un choc, pendant que des négociations diplomatiques masquent les préparatifs de combat. Lors de la guerre russo-japonaise, l'empereur du Japon ordonne la destruction des navires russes basés à Port Arthur. La marine impériale nippone, la Kaigun, est moins puissante que la flotte russe d'Extrême-Orient. Toutefois, l'amiral Togo est parfaitement renseigné sur le mouillage des navires russes, dont l'équipage menait une vie insouciante ; et au soir du 8 février, les torpilleurs japonais attaquent par surprise ces navires ; 3 cuirassés sur 7 sont gravement endommagés. Le lendemain, la flotte russe sort du port, mais subit des pertes douloureuses, dont celle de son navire-amiral, qui saute sur une mine japonaise. Lorsque le tsar envoie le reste de sa flotte faire presque le tour du monde pour punir la flotte japonaise, celle-ci remporte au contraire une victoire éclatante. Les Japonais en tirent une leçon : un choc initial peut être décisif pour une guerre. Dans l'entre-deux guerres, les forces armées japonaises sont partagées : l'armée considère que l'ennemi se trouve sur le continent, alors que la marine considère l'US Navy comme son ennemi principal. Mais la marine elle-même sera divisée entre, d'une part, les partisans des super cuirassés - ce qui mènera au lancement du Yamato et du Musashi, et donc à l'idée d'une bataille décisive en mer -, et, d'autre part, les tenants du porte-avions, qui parviendront à une flotte aéronavale comptant 7 grands porte-avions alors sans équivalent. L'amiral Yamamoto se fait l'avocat d'une frappe aérienne sur des bâtiments américains au mouillage, ce qui aboutira à l'attaque de Pearl Harbour le 7 décembre 1941. La surprise est donnée par le silence radio, par l'itinéraire adopté et par les conditions atmosphériques ; mais les porte-avions américains ne sont pas au port, et seuls les cuirassés du Pacifique sont gravement touchés. C'est finalement un fiasco stratégique, et les Japonais ont commis une grave erreur : une bataille comme Port Arthur ne peut pas servir de leçon stratégique.   Sur la peur du feu et ses conséquences : l'exemple de la société polonaise à l'apogée du stalinisme La onzième communication a été présentée par le Professeur Maria Pasztor, professeur d'histoire à l'Université de Varsovie. La Pologne, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, était une nation aliénée par son puissant voisin soviétique ; la population polonaise, épuisée par la guerre, mais mécontente de sa situation, était donc partagée entre la peur du feu - celui des armes de l'occupant - et l'envie de l'incendie. Il est difficile de trouver des sources historiques, en raison de la censure qui prévalait dans la Pologne de l'époque, et du fait que les Polonais n'avaient pas le loisir d'exprimer librement leurs sentiments. Dès 1946, une partie des Polonais avaient l'espoir d'un nouveau conflit armé, susceptible de les libérer de l'emprise soviétique, alors que d'autres redoutaient les conséquences d'un tel conflit ; des informations circulaient discrètement au sein de la population sur le déclenchement d'une telle guerre, avec même des dates précises, entre 1946 et 1952. Le régime communiste assimilait ces informations à de la propagande ennemie et s'efforçait de les étouffer. Les rumeurs sur l'imminence d'une guerre s'intensifièrent à la suite d'événements de portée mondiale, comme les tensions autour de la Turquie et de la Grèce en 1947, la proclamation de la doctrine du « containment » par l'administration Truman, les émeutes en Allemagne de l'Est, la mort de Staline ou encore l'élection de Dwight Eisenhower. Ces perspectives de conflit étaient alors couplées à un retour de la Pologne à ses frontières d'avant la Seconde Guerre mondiale et à son indépendance, ou alors à un retour offensif des Allemands expulsés au-delà de l'Oder en 1945. La crainte d'une guerre prochaine ne découlait pas seulement d'une perception spécifique des événements internationaux : les décisions des autorités polonaises, comme le déplacement de troupes sur le territoire (par exemple les manœuvres menées par quelques escadrons au nord du pays en 1948), étaient interprétées par la population à travers un prisme similaire. En 1949, l'enregistrement de tous les hommes par les autorités militaires a suscité les mêmes craintes de conflit, avec la perspective d'une levée de troupes dans ce but. Les événements de la vie politique polonaise avaient également pour conséquences des rumeurs et des spéculations sur un conflit à venir. Les Polonais associaient la guerre au changement démocratique du pays ; on voyait une Pologne libérée, riche et sans parti communiste, alors que d'aucuns voyaient la restitution des terres prises aux Allemands, en échange de la récupération des terres annexées par les Soviétiques. Les Polonais croyaient aussi en la supériorité présumée des forces armées occidentales, capables prétendument de déclencher et de remporter une guerre rapide, sans employer des armes atomiques, face aux forces soviétiques. Une rumeur insistante a même prêté aux Alliés la capacité d'engager des bombes somnifères. Dès cette époque, la population polonaise voyait un monde divisé en deux, entre l'Ouest capitaliste et libre, et l'Est communiste aux ordres de Moscou. L'U.R.S.S. était déjà perçue comme un « empire du mal », et un espoir immense était placé dans les forces armées occidentales, américaines et britanniques.   Feu - Mouvement - Manœuvre - Choc - Incertitude dans l'Armée 61 La douzième communication - et la dernière de la première journée du symposium - a été présentée par Hervé de Weck, historien, ancien rédacteur en chef de la Revue militaire suisse. Elle est également un hommage au colonel EMG Daniel Reichel. La stratégie, c'est un discours politique et une doctrine d'engagement des forces armées. La conception 66 met un terme à la discorde entre « statiques » et « mobiles ». On ne peut plus opposer des fronts stables et statiques à un adversaire aéromécanisé, utilisant des armes conventionnelles ou non conventionnelles ; toutefois, le terrain suisse favorise la défense. Du coup, l'Armée 61 est avant tout une armée d'infanterie : celle-ci regroupe 43% des effectifs, qui s'élèvent à quelque 780'000 hommes. La puissance de feu et la protection de l'infanterie sont renforcés, notamment grâce à des armes antichars et des armes d'appui, avec une fortification importante. Mais la mobilité reste faible, et le nombre de véhicules de transport comme leur absence de blindage contraignent l'infanterie à un engagement statique, sur les terrains-clefs et les passages obligés. Les autres armes appuient l'infanterie, mais ne lui sont pas subordonnées. En 1961, l'état-major général favorise le développement des troupes blindées. Des régiments de chars sont formés autour de chars de combat Centurion,  mais aussi avec du matériel provenant en partie de surplus alliés (Universal Carrier, camions Dodge). Il faudra attendre l'introduction de systèmes blindés modernes - chars de grenadiers M-113, obusiers blindés M-109, etc. - pour concrétiser l'ambition de l'armée suisse. La doctrine de l'Armée 61 exclut la guerre de mouvement comme la défense linéaire : la guerre combinée est une solution typiquement suisse - l'infanterie s'agrippe à ses positions et ralentit l'adversaire, en créant les conditions pour une riposte mécanisée visant à détruire cet adversaire. La division d'infanterie sera peu apte à mener la défense combinée jusqu'au moment où elle recevra un bataillon de chars, afin d'appliquer cette doctrine dans son propre dispositif. Pour les Suisses, la puissance de feu joue en faveur de l'envahisseur ; le renforcement du terrain vise à compenser cette infériorité, y compris pour les positions de combat de l'infanterie. Malgré cela, les capacités de défense de l'armée suisse étaient solides : des simulations menées dans les années 1980 ont montré que les troupes de combat de l'Armée 61 auraient été capables de détruire 4500 véhicules blindés adverses en un long combat d'usure, soit l'équivalent de 15 divisions de fusiliers motorisés détruites à 40%.   Doctrine militaire, guérilla et contre-guérilla : les approches majeures des forces armées suisses (1815-2005) La treizième communication a été présentée par le col EMG Christian Bühlmann, officier supérieur adjoint du Chef de l'armée. D'un point de vue suisse, la guérilla peut paraître incongrue, mais c'est dans la perspective du faible au fort que cette guérilla prend son intérêt. Par ailleurs, les engagements majeurs de l'armée suisse ne sont pas focalisés sur le combat, mais plutôt sur la maîtrise de la violence. Les facteurs de la conduite opérative - force, espace, temps, information - et les manifestations de la force - feu, choc, manœuvre mais aussi protection, pour suivre les réflexions du col EMG Reichel - doivent être posés pour comprendre la notion de guérilla. Il s'agit également de comprendre les différences entre le combat symétrique (duel entre deux adversaires globalement égaux, et suivant les mêmes règles, par le choc et par le feu), le combat dissymétrique (duel entre deux adversaires globalement inégaux, et qui est également régulé) et le combat asymétrique (pas de duel, pas de règles, entre deux adversaires totalement différents). La pensée militaire suisse au début du XIXe siècle s'interroge sur les réponses à apporter aux menaces posées par les voisins. L'approche romantique, initialement, prend pour modèle les hauts faits des Confédérés et considère que leurs valeurs suffiraient à combler les lacunes de la préparation militaire. Plusieurs auteurs proposent donc une défense basée sur le modèle de la guérilla espagnole (asymétrie). Ensuite, des officiers ayant connu le service à l'étranger préconisent une approche régulière, inspirée de Clausewitz et de Jomini (symétrique, et si nécessaire asymétrique). Entre les deux alternatives, un colonel bâlois proposera un compromis reposant sur la poursuite des tactiques des Confédérés (dissymétrie). Pendant le Réduit national, face à la menace du choc et de la manœuvre des forces armées allemandes, la Suisse se base sur la protection et sur le feu dans le secteur alpin (approche dissymétrique). A partir de 1948, la Suisse cherche à définir une stratégie pour contrer la menace de la guerre froide d'origine soviétique, sans pour autant considérer une alliance. Une défense de partisans couplée à des armes non conventionnelles est proposée (approche asymétrique). Le futur commandant de corps Ernst propose une approche axée sur l'emploi de l'infanterie et les renforcements de terrain (approche dissymétrique). Une autre approche, découlant de la guerre mobile, sera également préconisée dans le sens d'une manœuvre mécanisée (approche symétrique). Au final, l'Armée 61 se développe de manière symétrique (acquisition de matériel lourd), de manière dissymétrique (renforcement du terrain), mais aussi de manière asymétrique (développement d'une résistance secrète). Comment peut-on utiliser ce modèle dans une approche prospective, face à une violence non militaire ? Il s'agit d'étendre le modèle de Reichel, en cherchant d'autres dissymétries dans l'emploi de la force, dans l'espace (emploi d'autres espaces - cyberespace, espace sémantique, etc.), dans le temps (en allant plus vite ou plus lentement que l'adversaire) et à travers l'information (augmenter l'incertitude de l'adversaire et diminuer la propre incertitude). Ceci permet d'utiliser des vecteurs non seulement militaires, mais également diplomatiques, économiques et informationnels pour influencer la volonté de l'adversaire. Avec ce modèle du feu, du choc, de la manœuvre et de la protection, on parvient à analyser de manière simple les conflits. En ce qui concerne la Suisse, on retrouve toujours une démarche basée sur la protection et sur le feu, avec une approche dissymétrique, du pauvre au fort (manque de moyens pour l'approche symétrique).     Le feu, le choc, la manœuvre et l'incertitude dans les opérations spéciales La quatorzième communication a été présentée par Ludovic Monnerat, expert militaire et stratégique, rédacteur en second de la Revue Militaire Suisse. Les actions menées hier comme aujourd'hui par les forces spéciales sont caractérisées par une exploitation maximale de l'incertitude pour éviter toute réaction adverse avant d'atteindre l'objectif fixé. Cette approche non conventionnelle, qui existe depuis la nuit des temps, confère aux opérations spéciales une importance croissante dans les zones de crise actuelles, parce qu'elles promettent des effets ciblés et contrôlés, avec un degré de discrétion - et d'intégration au milieu - que les forces conventionnelles ne permettent pas. La manœuvre est donc au cœur de telles opérations, et les unités qui les mènent sont spécialement recrutées, instruites et équipées pour manœuvrer au mieux et provoquer un choc décisif. Leur force repose sur la performance, la flexibilité et l'invisibilité d'un nombre minimal de combattants. Mais si le manteau d'incertitude qui les protège en vient à se déchirer, les forces spéciales se retrouvent dans une situation d'infériorité qui peut mener au désastre, en raison de leur puissance de feu limitée et de leur incapacité à encaisser des chocs adverses. Cette nature de fleuret stratégique, porté à bout de bras sans bouclier, est éclairée par plusieurs études de cas. La première, l'opération « CHARIOT », menée par les opérations combinées britanniques du 26 au 28 mars 1942, verra l'utilisation du choc pour détruire la seule installation capable d'effectuer des réparations sur le cuirassé allemand Tirpitz le long de la façade atlantique de l'Europe occupée, et ainsi empêcher une percée de ce dernier dans l'Atlantique Nord susceptible d'interrompre les lignes de communication avec la base industrielle américaine. Le raid des commandos britanniques, mené à 1 contre 10 et marqué par une inflation des objectifs faute de connaître avec certitude la faiblesse des installations portuaires, occasionnera des pertes très sévères pour les Alliés, même si leur objectif sera atteint. La deuxième, l'opération « BARRAS », menée par les troupes britanniques du 5 au 10 septembre 2000, verra l'utilisation du choc et plus encore de l'incertitude adverse pour libérer 6 soldats britanniques retenus en otages à l'intérieur de la Sierre Leone par une bande rebelle fortement armée. Face à une situation susceptible d'aboutir rapidement à un massacre, les forces spéciales britanniques ont réussi à surprendre et à fixer ces combattants irréguliers - le temps de libérer les otages - puis à leur donner une leçon. De la sorte, c'est à la fois la crédibilité de la communauté internationale et le processus de stabilisation du pays ravagé par la guerre civile qui ont été restaurés. Ces deux études de cas fournissent à leur tour un aperçu des capacités nécessaires aux opérations de demain.   La bataille par le choc, la bataille par le feu et le « Show of Force » La quinzième communication a été présentée par le Docteur Philippe Richardot, membre du comité scientifique du CHPM. En schématisant, de l'Antiquité à 1900, on pratique la bataille rangée à vue, avec des troupes sous la vue des généraux ; à partir de 1900, on commence à pratiquer la bataille conduite aux instruments. De même, jusqu'en 1500, c'est le choc à travers le fer qui est le mode de combat principal ; après une période mixte, le combat par le feu devient dominant à partir de 1660, alors qu'on passe ensuite, parallèlement, à un combat aéroterrestre à partir du début du XXe siècle, puis aéroblindé et aéromobile à partir de l'entre-deux guerres, pour en venir au « show of force ». A travers l'histoire, on connaît maints exemples de batailles remportées par le camp le moins nombreux, parce que la qualité l'emporte sur le nombre. Le Moyen-Âge change peu ces conditions jusqu'à l'apparition des archers anglais, un feu efficace capable de pénétrer les cuirasses. Le développement du feu va faire constamment diminuer la proportion de blessures infligées par arme blanche, et le fusil inflige la grande majorité des pertes aux XVIIIe et XIXe siècles. Le feu a un côté égalisateur dans les pertes, loin des grands déséquilibres des batailles antiques, où le massacre s'abat sur le vaincu. Au contraire, en 1914-18, l'artillerie inflige 60% des pertes - hors de vue des formations prises pour cible. La grande rupture dans la bataille reste cependant la bataille aéroblindée de la Seconde Guerre mondiale, où les armées combattent dans la profondeur de fronts gigantesques. Les batailles à vue et linéaires se font dès lors en flèche, le long de routes et dans des localités - ce qui aboutit du reste à une confusion entre bataille et siège, par la durée et l'ampleur même des batailles (cf. la « bataille » de Stalingrad, de septembre 1942 à février 1943). Les commandants modernes doivent ainsi maîtriser l'invisible, et utiliser les moyens de communication sans voir les combats pour néanmoins conduire et orienter ceux-ci. Du coup, les causes de pertes évoluent aussi : lors de la bataille Dak To, du 3 novembre au 1er décembre 1967, 70% des pertes infligées aux soldats vietnamiens le sont par la puissance aérienne américaine. C'est à cette époque que commence le « show of force » - la médiatisation des conflits -, lorsque la télévision fait entrer la guerre dans les foyers des populations restées au pays.   Le nouveau brouillard de la guerre La seizième communication a été présentée par le Professeur Hervé Coutau-Bégarie, entre autres directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de Défense (CID, Paris). Le brouillard de la guerre résulte d'une incertitude fondamentale, provenant de l'absence de renseignement sur l'ennemi. On essaie d'y suppléer en collectant le renseignement, mais aussi par l'intuition - savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la colline. Une autre source de friction à la guerre provient de la difficulté à concilier le choc, la manœuvre et le feu - puisqu'ils ont été pendant longtemps largement exclusifs les uns des autres. La manœuvre suppose la vitesse et la mobilité ; le choc, lui, suppose la masse, la puissance - une masse qui a d'abord été conçue en termes d'effectifs humains, puisque les armements de l'époque classique étaient relativement similaires. Le feu, enfin, suppose de disposer du matériel adéquat, avec la recherche d'une portée toujours plus grande. Tout cela est très difficilement compatible, et l'armée est traditionnellement organisée en armes - chacune correspondant, selon les époques, à une modalité fondamentale. Il en résulte des différences de moyens, mais aussi d'état d'esprit. Trouver l'équilibre entre ces éléments fonde un débat qui traverse toute l'histoire militaire. Entre 1914 et 1918, on constate ainsi l'échec de l'offensive, qui révèle l'insuffisance du choc, lequel avait été faussement assimilé au primat des forces morales. Durant toute la
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La participation de la Suisse à l'opération "ATALANTE" de l'Union européenne a été enterrée au Conseil national. Sans indiquer une solution pour les intérêts du pays. Est-ce que la Suisse va déployer des troupes aux côtés des nations européennes face aux pirates somaliens, dans le but d'assurer la protection de sa propre flotte et de contribuer à la stabilisation d'une région particulièrement troublée ? Telle était la question posée par le Conseil fédéral au Parlement durant la dernière session d'automne : l'approbation ou non d'un engagement en service d'appui à l'étranger. Mais si le Conseil des États a approuvé par 33 voix contre 5 cette participation, le Conseil national l'a refusée par 103 voix contre 84. Dans la mesure où le règlement des différences cette semaine n'a pas abouti, le projet d'arrêté fédéral a été stoppé net par les parlementaires. Mais aucune solution n'a été donnée par la majorité disparate qui a fait capoter ce dossier en contredisant les commissions de politique de sécurité   Un engagement significatif Protéger ses intérêts nationaux par le déploiement de forces spéciales à 7000 kilomètres des frontières, en vue d'escorter des navires de transport dans le cadre d'une opération de police maritime multinationale : il faut que le monde ait bien changé pour que la Suisse considère de la sorte l'emploi de son armée. A bien des égards, la démarche politique et opérationnelle initiée par le Conseil fédéral s'est en effet avérée à la fois innovatrice et révélatrice. La demande transmise en novembre 2008 au DFAE par l'association des armateurs suisses, et visant à octroyer une protection adéquate aux quelque 35 navires de la flotte suisse de haute mer face à la multiplication des actes de piraterie, tombait pourtant sous le sens : cette flotte est subventionnée par la Confédération et constitue l'un des outils de l'approvisionnement économique du pays en cas de crise. C'est donc bien un intérêt national qui est en jeu. De même, la décision de chercher une participation dans le cadre de l'opération "ATALANTE" lancée en décembre 2008 et prolongée jusqu'en 2010 au moins était logique : la Suisse ne disposant d'aucune capacité militaire navale, un engagement de protection strictement national aurait été particulièrement difficile. En revanche, une contribution à cette opération aurait permis d'assurer aux navires suisses une protection équivalente à ceux de l'UE. Bien entendu, l'Union a fait part de ses besoins à la Suisse lors d'une conférence de planification, comme c'est la règle en matière d'opération multinationale. Faute de frégate ou d'hélicoptère navalisés, la Suisse pouvait fournir deux équipes de protection embarquées (EPE), des détachements de protection généralement issus des forces spéciales et capables de protéger un navire de commerce pendant la traversée de la zone dangereuse. Cette contribution helvétique, en augmentant d'un tiers le nombre d'EPE présentes dans l'opération, avait été jugée significative ; elle aurait permis d'éviter à la Suisse de payer les 14 millions de francs par an qu'aurait coûté le partage des coûts de l'opération, en vertu des règles propres à l'UE. Pour des coûts supplémentaires devisés à 9,8 millions de francs, la démarche revêtait donc un intérêt évident. Bien entendu, la Suisse n'aurait pu se joindre à une opération de police maritime visant à combattre des pirates, au besoin en les pourchassant sur les eaux ou dans les airs ; la loi sur l'armée et l'administration militaire a ainsi fourni la base pour la protection non seulement des navires suisses, mais aussi de ceux du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), ceci correspondant à la mission principale de l'opération "ATALANTE". Des restrictions que l'UE a acceptées sans autre.   Le rôle des forces spéciales A l'occasion du long débat politique qui a duré de décembre 2008 jusqu'à la session d'automne, le public comme les parlementaires se sont rendu compte - souvent avec surprise - que l'armée suisse dispose d'une unité de forces spéciales professionnelle dotée d'une instruction amphibie complète : le détachement de reconnaissance de l'armée (DRA 10). Présenté officiellement en août 2007, puis en novembre 2007 durant les Journées de l'armée à Lugano, cette unité a également fait l'objet d'un article récent dans la Revue Militaire Suisse. Le contingent proposé par la Suisse comme contribution à "ATALANTE" comprenait ainsi deux EPE issues du DRA 10 avec un élément de commandement, une équipe sanitaire et quelques officiers d'état-major, le tout dans le cadre d'un contingent comptant au maximum 30 personnes. L'engagement était prévu pour durer une année, jusqu'à la fin 2010, et aurait constitué la première opération pour ainsi dire publique impliquant le personnel du DRA 10. Ce dernier aurait été engagé à bord d'une frégate allemande : un partenaire direct était nécessaire pour intégrer le détachement suisse à l'opération, et après une évaluation détaillée entre la France et l'Allemagne, le choix s'est porté sur une coopération avec Berlin. Le déploiement des Suisses sur des navires à protéger et leur redéploiement subséquent se serait ainsi fait avec des hélicoptères Lynx embarqués sur une frégate. En revanche, toute participation à des actions coercitives était strictement exclue. Le rôle du DRA 10 comme EPE aurait été relativement simple : assurer de jour comme de nuit une veille autour du navire à protéger et identifier toute menace potentielle ; le cas échéant, avoir un effet dissuasif et empêcher toute approche par un feu de précision sur la menace identifiée, comme coup de semonce puis en vue de neutraliser l'esquif utilisé, avec la possibilité d'augmenter la densité du feu en cas de danger accru. Une réponse à ce jour qui n'offre à ce jour aucune parade possible aux pirates, qui renoncent à attaquer des navires ainsi protégés. L'environnement de l'engagement aurait été plus complexe. Remplir une mission de protection d'objet en milieu maritime correspond aux capacités de base du DRA 10 et n'exige aucune préparation particulière ; en revanche, le faire en intégrant un dispositif multinational, et notamment en tant que composante de l'équipage d'un navire de guerre étranger, aurait exigé une instruction axée sur l'engagement de quelques semaines en vue d'atteindre l'interopérabilité nécessaire. Les propos tenus par certains contempteurs de cette opération, et selon lesquels la Suisse n'aurait pas de moyen adapté à une telle mission, sont donc totalement erronés : comme l'a souligné Ueli Maurer jeudi au Conseil national, le dossier "ATALANTE" ne pouvait être transformé en problème militaire. C'est uniquement un choix politique qui a abouti à priver la flotte suisse de haute mer de toute protection spécifique, contrairement à la demande déposée dans ce sens par les armateurs.   Une réalité nouvelle Après une flambée du nombre d'attaques en 2008, la piraterie dans le golfe d'Aden et le long des côtes somaliennes a diminué d'ampleur, notamment suite à la présence de quelque 20 navires de guerre, opérant sous le drapeau de l'Union Européenne, sous celui de l'OTAN ou comme contribution nationale. Mais l'insécurité croissante des voies de navigation globales reste une réalité, et comme 90% des biens transportés de par le monde le sont par ce biais, cette réalité ne peut être occultée par des intérêts partisans ou par des blocages idéologiques. La position conciliatrice et désunie de la Suisse sur certains dossiers brûlants impliquant ses intérêts à l'étranger, comme le montre l'interminable feuilleton de la crise libyenne, n'est pas une option crédible pour l'avenir. A force de vouloir de se replier sur soi et de chercher une résolution des crises par le versement de rançons, sous quelque forme que ce soit, on finit par céder sur tout et face à tous. La diplomatie des bons offices a du bon pour s'intercaler entre deux parties en conflit ; pour protéger ses propres intérêts, elle ne mène qu'à une capitulation plus ou moins rapide. Les raisons pour lesquelles le Conseil national a trouvé une majorité pour rejeter l'emploi de l'armée pour la protection de nos navires sont étrangères à ces réflexions. D'un côté, on a contesté les limites du mandat donné par le Conseil fédéral et supposé que les militaires suisses seront forcément engagés dans d'autres actions ; d'autre côté, on a exclu d'emblée tout recours à l'armée et privilégié l'emploi de personnel civil, alors que le droit maritime prévoit précisément des moyens militaires et que tout engagement au sol, sur le territoire somalien, ne saurait au mieux avoir d'effet qu'à moyen terme. Mais la défiance pour l'armée ne nous dit pas comment protéger nos intérêts nationaux au-delà des frontières. Il revient donc au Conseil fédéral de reprendre le flambeau à travers son prochain Rapport sur la politique de sécurité pour obtenir l'appui d'une majorité en faveur d'une approche interdépartementale combinant des mesures diplomatiques, humanitaires, économiques, judiciaires, mais aussi sécuritaires, pour contribuer à la stabilisation et à la normalisation des secteurs dont les désordres ou les conflits forment un danger majeur.   Rédaction RMS
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Les forces spéciales suisses attendent toujours de savoir si elles iront défendre les bateaux suisses au large de la Somalie. Extraits d'un article Tribune de Genève / 24 Heures à ce sujet. « Les soldats du DRA 10 sont parfaitement capables d'intervenir dans le golfe d'Aden ou en Libye ». Conseiller aux Etats libéral-radical neuchâtelois, Didier Burkhalter en est convaincu: dans l'attente d'être peut-être envoyées un jour sur les bateaux croisant au large de la Somalie, les troupes de choc de l'armée suisse pourraient servir à exfiltrer les deux Suisses retenus en Libye ou à libérer le touriste zurichois détenu comme otage suisse au Mali. « Ces soldats sont très bien formés et parfaitement équipés pour mener des opérations d'exfiltration. La question n'est pas militaire, mais politique », soutient ce spécialiste de l'armée. Le DRA 10 est l'élite du corps des grenadiers et doit permettre à la Suisse de disposer de forces spéciales à part entière, susceptibles d'intervenir là où les intérêts du pays sont menacés, rappelle son commandant dans le dernier numéro de la Revue militaire suisse (RMS). Chaque année, 400 candidats veulent intégrer le DRA 10. Moins de 2% y arrivent. Les exigences sont élevées. Matu ou formation équivalente, maîtrise d'une deuxième langue nationale et de l'anglais, excellente condition physique, grande résistance psychique et disponibilité pour des engagements à l'étranger. A l'heure actuelle, le DRA 10 dispose d'une quarantaine de soldats. La moyenne d'âge est de 28?ans. Ces soldats d'élite suivent dans leur instruction de base des cours de combat rapproché et de survie, mais aussi... de droit, d'anglais, de psychologie et d'ethnologie. Le DRA 10 dispose de quatre sections: parachutiste, montagne, motorisé et amphibie. « Leur matériel est très performant; ils disposent par exemple d'ordinateurs ou de téléphones capables de fonctionner sous l'eau, d'appareils de reconnaissance très perfectionnés », explique Didier Burkhalter. Le lieutenant-colonel EMG Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la RMS, qui connaît lui aussi bien le DRA 10 est catégorique. « C'est la seule unité de l'armée capable d'accomplir une mission comme celle d'Atalante », résume ce professeur de relations internationales. ? Rédaction RMS
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Le Conseil fédéral a nommé aujourd'hui le nouveau chef de l'armée et le nouveau commandant des Forces aériennes. Les titulaires des postes ad interim sont ainsi confirmés dans leur fonction. Deux nominations très attendues ont été rendues publiques ce mercredi 25 février : les divisionnaires André Blattmann comme CdA et Markus Gygax comme cdt FA, tous deux étant promus au grade de commandant de corps au 1er mars 2009. Ce sont ainsi les conséquences directes de l'accident de la Kander et de l'affaire Nef sur le commandement de l'armée qui s'estompent : dans quelques jours, l'armée suisse comptera à nouveau 3 commandants de corps à des postes prévoyant un tel grade.   Pas de grande surprise Ce changement dans la continuité n'est pas une grande surprise au sein de l'armée : parvenu à la tête de l'armée suite au départ contraint de Roland Nef, le divisionnaire Blattmann a en effet convaincu à l'intérieur comme à l'extérieur des rangs par une combinaison de pragmatisme, de clarté mais aussi de courage. Il en va de même pour le divisionnaire Gygax, qui avec sa nomination marque le retour officiel d'un pilote aux commandes des Forces aériennes, ce qui n'avait plus été le cas depuis le commandant de corps Carrel. En revanche, la nomination d'un homme jeune comme André Blattmann (52 ans) comme chef de l'armée s'inscrit en contradiction avec l'intention avancée un temps par le nouveau chef du DDPS, Ueli Maurer, qui considérait le choix d'un homme plus âgé pour avoir une action, ponctuelle et profonde, sur l'institution militaire. C'est ainsi que le nom du divisionnaire Solenthaler était notamment avancé dans les médias la semaine dernière, encore que cette manière de procéder peut avoir joué un rôle pour le choix du Conseil fédéral. Le divisionnaire Blattmann a entrepris ces derniers mois un certain nombre de réformes qui sont maintenant en phase de concrétisation, comme par exemple le rassemblement des grands états-majors à Berne dans le sens d'une concentration de la conduite et d'une économie des ressources. Ces réformes, qui vont également dans le sens des lignes directrices d'Ueli Maurer, vont donc se poursuivre, et cette continuité dans le changement est sans doute une chose positive. Le nouveau chef de l'armée va ainsi adapter l'Armée XXI aux nouvelles conditions-cadres et conduire le développement d'un nouveau modèle, sur la base du prochain rapport sur la politique de sécurité. Le choix d'un réformateur réputé moderne et pragmatique a également une influence sur un sujet pour le moins sensible : la coopération avec l'étranger et les engagements hors de nos frontières. En nommant un homme favorable à l'ouverture mais attentif aux débats de politique intérieure, le Conseil fédéral a affirmé aujourd'hui sa volonté de synchroniser durablement l'aspect militaire de la politique de sécurité avec sa politique étrangère. Ceci risque de confronter André Blattmann a des discussions un peu tendues avec son chef de Département, mais c'est également conforme à l'orientation générale de l'exécutif fédéral, confirmé régulièrement en votation populaire. En conclusion, il faut féliciter les 2 nouveaux commandants de corps de notre armée et également leur souhaiter plein succès dans la poursuite de leurs activités, dans une période de turbulences et d'incertitudes qui confronte les décideurs militaires à des défis tels que l'armée n'en avait pas connus depuis très longtemps.   Rédaction RMS
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Une conférence internationale sur les conflits en zone urbaine a lieu vendredi 30.1.09 dès 0900, à l'Université Webster à Genève. De nombreux intervenants vont aborder ce thème toujours d'actualité. Organisée conjointement par le Centre International d'Etudes Géopolitiques, par le club « Participation et Progrès » et par l'Université Webster, en collaboration notamment avec la Revue Militaire Suisse, cette conférence se déroule dans les locaux de l'Université Webster, sis Route de Collex 15, 1293 Bellevue, de 0900 à 1800. Le thème retenu est celui des conflits en zone urbaine, et les récentes opérations militaires dans la bande de Gaza comme la série d'attentats menée à Bombay soulignent encore l'importance de leurs particularités. C'est donc à une journée de réflexion et d'échanges que chacun est invité de participer (l'entrée est libre). Le programme de la conférence est le suivant :   INTRODUCTION The urban landscape and wars in urban areas in history / Le milieu urbain et les guerres en milieu urbain dans l'histoire «Urbanization in History / Urbanisation dans l'Histoire » Antoine Wasserfallen, Architecte, Professeur à l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) / Achitect, Professor EHL   «Le phénomène guerre en milieu urbain à travers les âges / The Phenomena of War in Urban Environment Throughout History » Pascal Le Pautremat, Spécialiste des crises et conflits contemporains, Conférencier et Chargé de cours en Géopolitique et Economie Internationale / Specialist  in conflict analysis, Lecturer in Geopolitics and International Economics                           SESSION 1 Urban violence / La violence urbaine Chair / Modératrice Yolande CAMPORINI, ICGS External Relations, former Head of Cabinet, IFRC / Chargée de Relations extérieures du CIEG, ancienne chef e cabinet du président de la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) «Asymmetrical Conflicts in Urban Zones and Information Strategies / Conflits asymétriques en zones urbaines et stratégies d'information » Gyula Csurgai, Director ICGS (International Centre for Geopolitical Studies), Professor University S.I.T.  / Directeur CIEG (Centre International d'Etudes Géopolitiques), Professeur Université SIT «Urban Violence and the Geopolitics of Urban Areas / Violences urbaines et géopolitique des agglomérations» Oskar Baffi, Research Associate ICGS, Lecturer IFM,  Chercheur associé au CIEG,  Chargé de cours à l'Institut de Finance et de Management (IFM)   SESSION 2 Urban war / La guerre urbaine Chair / Modérateur John KING, Former US Ambassador, Webster University Adjunct Faculty / Ancien ambassadeur américain, professeur adjoint, Université Webster Genève «The Evolution of Conflicts and the Theme of Urban Warfare / L'évolution des conflits et le thème de la guerre urbaine » Général Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense (CID) / Director Inter-army Defense College, Paris. «The Challenges of Military Operations in Urban Terrain (MOUT) / Les défis des engagements en zones urbaines (CEZU) » Brigadier Daniel BERGER, Commandant, brigade blindée 1 / Commander, 1st Armored Brigade (Switzerland). «The New Paradigm: War among People / Le nouveau paradigme: la guerre parmi les populations » Pierre Pascallon, Professeur Agrégé de Faculté, Président du Club « Participation et Progrès » University Professor, President of Club « Participation et Progress «Doctrines and Evolution of Special Operations in Urban Terrain / Doctrines et évolution des opérations spéciales en zones urbaines » Ludovic MONNERAT, Lt Col GS, Swiss Armed Forces Joint Staff ; 2nd Editor, RMS / Lt col EMG, état-major de conduite de l'armée ; rédacteur en second, Revue militaire suisse (RMS)   LUNCH BREAK / DEJEUNER   SESSION 3 Urban warfare / conflits en zone urbaine Chair / Modérateur Jubin Goodarzi, Professor of International Relations, Webster University Geneva / Professeur de Relations internationales, Université Webster Genève «Les aspects ontologico-culturels du conflit en zone urbaine » Ontological and Cultural Aspects of Urban Conflicts Tanguy Struye de Swielande, Professeur aux Facultés Universitaires Catholiques de Mons, à l'Ecole Royale Militaire et à l'Université Catholique de Louvain /  Professor at the Catholic University of Mons and Royal Military School   «Chaos/Partisan/Ville : l'art de la guerre au XXIème siècle » / The Art of War in the 21st century Bernard Wicht, Professor of Strategic Studies, University of Lausanne / Professeur d'Etudes Stratégiques à l'Université de Lausanne   «Urban conflict in Pakistan / Conflit urbain au Pakistan » Claude Rakisits, Adjunct Professor, Webster University, and Head of independent consultancy, Geopolitical Assessments, Professeur associé, Webster University, Directeur "Geopolitical Assessments" Cabinet-conseil indépendant «Urbanization of Armed Conflicts an its Consequences/ Uurbanisation des conflits armés et ses conséquences » Alexandre Vautravers, Head, International Relations Department, Webster University Geneva ; Editor, RMS / Directeur du Département de Relations Internationales, Université Webster ; Rédacteur en chef, Revue Militaire Suisse (RMS)   SESSION 4 Urban aspects of humanitarian action / Les aspects urbains de l'action humanitaire Chair / Modérateur Heikki MATTILA, Former Research/Regional Programme Officer, International Organization for Migration (IOM) / Chercheur et responsable des programmes régionaux à l'Organisation internationale des migrations (OIM) «The Logistics of Vulnerable Populations in Humanitarian Action : Case Studies / Logistique des populations vulnérables dans l'action humanitaire : Etudes de cas » Everett Ressler, Consultant, UNICEF    «Difficultés et opportunités d'appliquer le droit international humanitaire dans la guerre urbaine/ Difficulties and Opportunities for the Application of International Humanitarian Lawin Urban Warfare» Michel Veuthey, Vice-Président, Institut International de Droit Humanitaire, Professeur associé, Université de      Nice,  Vice President, International Institute of Humanitarian Law, Associate Professor, University of Nice   «The Humanitarian Experience in the Cities of Lebanon and Bosnia / L'expérience des questions humanitaires dans les villes du Liban et de Bosnie» Galia Gulme, chercheuse à l'Université Catholique de Louvain, Membre du RMES, researcher Catholic University of Louvain, Member of RMES CONCLUSION   Soyez donc nombreux à assister à cette conférence, où la RMS sera particulièrement bien représentée !   Rédaction RMS
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La prochaine édition de la Revue Militaire Suisse aura une publication retardée d'environ 3 semaines, ceci à la fois pour le numéro usuel et pour le numéro thématique. Les abonnés l'auront donc dans leur boîte aux lettres à la mi-décembre. En tant que bimestriel, la Revue Militaire Suisse est soumise à des délais stricts en vue d'avoir le temps nécessaire pour le processus menant de la livraison des textes à leur impression, puis à la distribution de la revue. Afin de pouvoir inclure des articles de la Société Neuchâteloise des Officiers, qui a eu lieu le 6 novembre dernier et qui a pris des mesures rendant nécessaire un tel soutien, la parution du dernier numéro de l'année et du numéro thématique qui l'accompagne sera retardée de 3 semaines environ. Nous prions donc les abonnés de bien vouloir nous pardonner ce retard et les remercions pour leur compréhension.   Rédaction RMS
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C'est au Palazzo dei Congressi de Lugano que se tiendra les jeudi 13 et vendredi 14 novembre 2008, le 3ème Symposium des Officiers de la Suisse Occidentale et du Tessin. Organisé par l'état-major de la brigade d'infanterie 2 en partenariat avec la faculté des sciences de la communication de l'Università della Svizzera italiana et soutenu par la région territoriale 3 ainsi que par la brigade d'infanterie de montagne 9, ce symposium réunira quelques 300 officiers et invités qui traiteront deux jours durant du thème de la « communication en situation de crise ». Le Symposium a pour but d'offrir aux officiers, mais aussi aux chefs d'entreprises, dirigeants, cadres, journalistes ou autre personne concernée, la possibilité d'assister à des conférences de niveau supérieur traitant des aspects de la communication dans un climat favorisant les échanges d'opinions et d'idées. Pour sensibiliser chacun aux processus ainsi qu'aux enjeux d'une stratégie de « communication en situation de crise », les intervenants démontreront des actions ou des stratégies de communication applicables dans le commandement militaire, comme dans le contexte de la conduite civile. D'autre part, des professionnels de la communication, des professeurs de l'Università della Svizzera italiana, des spécialistes civils et de notre armée conduiront des travaux de groupes visant à permettre l'élaboration de concepts adaptés à des situations concrètes. La qualité des travaux et l'intérêt des débats sont relevés par la participation d'experts de premier plan que sont Mesdames et Messieurs Thomas Borer, Giuseppe Richeri, Bertil Cottier, Kirsten Hammerich, Ariane Dayer, Filippo Lombardi, Giancarlo Dillena, Francesco Lurati, Peter Forster, Jean F. Freymond, Edo Poglia et Beatrice Tschanz Kramel. Des renseignements complémentaires peuvent être obtenus auprès du chef communication de la brigade d'infanterie 2, le colonel Luc Monnier au numéro de téléphone 024 486 91 01 ou à l'adresse Internet www.armee.ch/brinf2-symposium.
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Avec le détachement de reconnaissance de l'armée 10 (DRA 10), l'Armée suisse met depuis le 1er août 2007 une nouvelle capacité stratégique au service du Conseil fédéral. Le DRA 10 est une unité professionnelle et polyvalente créée dans le cadre de la réforme Armée XXI, sur la base du Rapport sur la politique de sécurité 2000. Il a atteint au début du mois sa disponibilité opérationnelle à effectifs partiels, conformément aux directives émises en 2004 par le Chef de l'Armée. Cet élément sans équivalent au sein de l'Armée a été officiellement présenté cette semaine sur la place d'armes d'Isone, avec les autres composantes des formations de reconnaissance d'armée et de grenadiers (FRAG), et notamment les éléments d'engagement de milice : les bataillons de grenadiers 20 et 30, ainsi que la compagnie d'éclaireurs parachutistes 17.   Un outil indispensable Le lundi 13 août, une délégation de généraux a assisté à différentes démonstrations et présentations sous la conduite du Conseiller fédéral Samuel Schmid. A cette occasion, le Chef du DDPS a rappelé que la Suisse avait besoin d'une unité telle que le DRA, et que le Conseil fédéral disposait à présent d'un outil pour réagir aux crises menaçant les intérêts de la Suisse à l'étranger, conformément à la Loi sur l'armée et l'administration militaire approuvée, dont la révision a été approuvée par le peuple en mai 2003. Le mardi 14 août, c'est une délégation de parlementaires, de dirigeants politiques et d'ambassadeurs qui est venue assister au même programme, sous la conduite du commandant de corps Keckeis. Le Chef de l'Armée, en présence de son successeur, a ainsi souligné qu'une armée moderne a besoin d'un tel outil, que le DRA doit obligatoirement avoir une haute disponibilité et que les FRAG constituent une formation-clef de l'armée. Il a également expliqué le processus de décision au niveau stratégique, sur la base de l'ordonnance du 3 mai 2006 sur l'engagement de la troupe pour la protection des personnes et des biens en service d'appui à l'étranger (OPPBE). Ce jeudi 16 août, enfin, c'est une trentaine de représentants des médias qui est venue à Isone sous la conduite du commandant de corps Fellay. A son tour, le Commandant des Forces Terrestres a expliqué le caractère indispensable d'un outil tel que le DRA pour faire face aux risques et dangers contemporains, tout en soulignant la nature exclusivement politique de son emploi, comme la démonstration pratique - avec des séquences d'une opération d'évacuation - l'a clairement montré. Le DRA 10 atteindra sa disponibilité opérationnelle avec un effectif complet de 91 militaires en 2011. Ses missions principales recouvrent tout le spectre des tâches confiées aux FRAG, soit : L'acquisition de renseignements-clefs (exploration particulière) ; La protection des citoyens et des biens suisses à l'étranger en cas de menace accrue ; Le sauvetage et le rapatriement de citoyens suisses depuis des régions en crise ; L'assistance militaire (appui et conseil à des partenaires civils ou militaires) ; Les engagements offensifs (action directe), dans le cadre de la sûreté sectorielle et de la défense. Cette unité constitue le fer de lance des FRAG, c'est-à-dire des forces spéciales de l'armée suisse. Elle sera présentée directement au public à l'occasion des Journées de l'Armée 2007 à Lugano, du 20 au 25 novembre 2007.   Rédaction RMS
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Les abonnés de la RMS ont reçu récemment le quatrième numéro de l'année, couvrant la période de juillet-août 2007. Au menu, sécurité intérieure, ordre public, droit des opérations, systèmes de commandement. Et plein d'autres choses à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà le cas ! Après un numéro largement consacré à la dimension internationale, la RMS aborde la dimension intérieure et infraguerrière des conflits, avec les problèmes de la violence et de l'ordre public, ainsi que leurs conséquences sur la sûreté sectorielle telle qu'elle est envisagée notamment par l'armée suisse. Sans plus attendre, voici donc le sommaire du numéro 4 de juillet-août 2007 de la Revue Militaire Suisse : Editorial - Passage en force, maj EMG Alexandre Vautravers La guerre aujourd'hui, Alain Bauer et Xavier Raufer Forum Sécurité et Relations internationales, maj EMG Alexandre Vautravers La violence, Raymond Sayegh Incivilités et théorie de la «vitre cassée», François Dieu Le maintien de l'ordre public en Suisse, Patrick Suhner Sécurité intérieure - Qui fait quoi?, rédaction SSO SAJ: Anti-terrorisme en Serbie, Zoran Milosevic France: l'armée de métier suffit-elle à couvrir les besoins de sécurité?, Jean Pichot-Duclos De la réaction de stress au sens de la cohérence : Psychologie des humanitaires, Ross Thomas Evolution des effectifs terrestres en Irak et en Afghanistan 2003-2007, lt col EMG Ludovic Monnerat Stratégie des moyens (2), Philippe Richardot Evolution des armes antichars (3) - Panzerfaust: L'arme individuelle antichar jetable, maj EMG Alexandre Vautravers L'arme à la maison ou la vertu de la force, col EMG Jacques F. Baud Quand la guerre devient un jeu, Lt Frédéric Chollet Le centre de recrutement de Lausanne : une organisation militaire de service, lt col Gaëtan Membrez L'idée républicaine dans le monde, Erwan Delaplace Les principes du droit des conflits armés et le ciblage (1), maj Pascal Zen-Ruffinen et cap Benjamin F. Brägger Droit international humanitaire, Oskar Baffi SIC FT, le système de conduite informatisé retenu par les forces terrestres suisses, col Jean-Luc Michoud INTAFF, maj EMG Hans-Jakob Reichen et maj EMG Alexandre Vautravers SVO - L'armée devant les ambassades, à l'étranger ou dans les casernes ?, maj EMG Christophe Buache Sécurité intérieure : nette augmentation des incidents dus à l'extrême gauche, Alain Mermoud SSO - Prises de position de la SSO sur des sujets traités par le Conseil national pendant la session d'été Rappelons que seuls les abonnés peuvent lire l'ensemble de ces articles, et qu'il suffit de quelques clics pour recevoir un exemplaire gratuit en guise d'essai ou pour s'abonner pour une année !
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Les abonnés de la RMS ont reçu récemment le troisième numéro de l'année, couvrant la période de mai-juin 2007. Au menu, Esprit de Genève, Afrique, promotion de la paix et politique de défense européenne. Et plein d'autres choses à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà le cas ! Après un deuxième numéro consacré à l'emploi de l'information au sens large, le troisième numéro de l'année de la nouvelle Revue Militaire Suisse a abordé la dimension internationale des opérations militaires contemporaines visant à la stabilisation de régions entières, ainsi que le développement de la politique de défense européenne. Les prochaines parutions auront également des thèmes centraux, comme la violence infraguerrière et la sûreté sectorielle, la ville dans les opérations militaires, sans oublier des numéros spéciaux. Sans plus attendre, voici toutefois le sommaire du numéro 3 de mai-juin 2007 de la Revue Militaire Suisse : Editorial - Etape de développement 08/11 : pourquoi ce blocage... et comment en sortir, div Dominique Juilland L'Esprit de Genève, maj EMG Alexandre Vautravers Une année au service de la MONUC, maj EMG Hans-Jakob Reichen La Somalie et la Corne de l'Afrique - Introduction géographique et géopolitique, Pierre Kuzmanovic Entre richesse et pauvreté : Exploitation dans le delta du Niger, Amina Wali 72e Brigade spéciale «Faucons», Zoran Milosevic Stratégie des moyens (1), Philippe Richardot Y a-t-il une Europe de la défense?, Olivier Legrand La PESD et la Roumanie : une brique supplémentaire dans la construction de « l'Union européenne de défense » ?, Emmanuel Dupuy 1996: Manoeuvres françaises LECLERC, Jean-Philippe Roux Compte rendu - La politique de défense du Royaume-Uni, Janine Kischel Politique d'intervention et pensée stratégique, Patrice Buffotot Europe : Nécessaire renaissance de l'Autriche-Hongrie?, Philippe Richardot Réflexions sur la guerre, Raymond Sayegh Les opérations d'information dans l'armée suisse, col EMG Gérald Vernez Evolution des armes antichars (2) - La charge creuse, maj EMG Alexandre Vautravers Le combattant du Futur II - FELIN, col EMG Jacques Baud L'Union européenne en tant qu'acteur de la sécurité internationale, plt Jean-Marc Rickli Size doesn't matter : Vers une armée européenne, Rédaction RMS+ Les trois piliers de la Protection internationale et l'esprit de Genève, Otto Hieronymi Protection NBC. Rappelons que seuls les abonnés peuvent lire l'ensemble de ces articles, et qu'il suffit de quelques clics pour recevoir un exemplaire gratuit en guise d'essai ou pour s'abonner pour une année !
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La Société Militaire de Genève organise le 12 juin prochain en ses locaux une conférence extraordinaire sur la Guerre des Malouines, 25 ans après la fin de conflit. L'occasion de revenir sur plusieurs aspects qui ont conservé leur bien-fondé. Suite au traditionnel Stamm de la Société Militaire de Genève, qui aura lieu le mardi 12 juin 2007 au local SMG sis 5 rue des Granges, une conférence sera donnée dès 1900 sur le thème de la Guerre des Malouines, qui s'est achevée voici maintenant 25 ans par la capitulation du contingent argentin face à la supériorité britannique sur mer, dans les airs et sur terre. Cette conférence comptera deux intervenants : Anibal Jaimes, président de l'association de patrimoine technique et aéronautique Hepta.aero, vétéran du conflit, fera part de son vécu ; Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la Revue Militaire Suisse, traitera des conséquences et des changements techniques et stratégiques de ce conflit, qui clot la guerre froide et annonce les opérations extérieures avec la projection de forces expéditionnaires. L'entrée libre permettra à tous ceux qui s'intéressent aux conflits de notre ère de revenir sur cette guerre lointaine, mais dont les caractéristiques se retrouvent aujourd'hui dans bien d'autres théâtres d'opérations.   Rédaction RMS
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Vers une armée européenne, peu importe la taille ; terrorisme et armes de destruction massives, mythe ou réalité : voilà les thèmes de 2 conférences qui seront présentées à Genève les 23 avril et 8 mai prochains dans les locaux de l'Université. Ces deux conférences sont organisées par le Groupe d'Études Stratégiques de l'Université de Genève (GESUG), en collaboration avec l'Université Webster , et visent à promouvoir la réflexion dans les domaines des études stratégiques, de la politique de sécurité, de la défense et de la stratégie militaire à l'Université de Genève. Voici le détail des deux événements : Lundi 23 avril, 1815 à Uni Mail, MS 130 : Towards a European Army: Size Doesn't Matter, par Sven Biscop de l'Egmont Institute. Présidence : Alexandre Vautravers, Directeur des relations internationales à l'Université Webster ; Mardi 8 mai, 1815 à Uni Mail, MR 070 : Terrorisme et armes de destruction massive: mythe ou réalité?, par David Humair du Département de la Défense, de la Protection de la population et des sports (DDPS), qui s'exprime à titre personnel. Présidence : Jean-Marc Rickli, Président du GESUG. Ces deux conférences sont publiques. Pour s'y rendre, il est possible d'utiliser le tram 15 (arrêt Uni Mail). Le plan du quartier et celui des salles peuvent s'avérer utiles.
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Les abonnés de la RMS ont reçu la semaine dernière le deuxième numéro de l'année, couvrant la période de mars-avril 2007. Au menu, C4ISR, guerre de l'information, désinformation et espionnage, Irak et Afghanistan. Et plein d'autres choses à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà le cas ! Après un numéro inaugural pour la nouvelle formule consacré au combat terrestre, la rédaction s'est penchée sur l'emploi de l'information au sens large dans ce deuxième numéro. Les prochaines parutions auront également des thèmes centraux, comme l'Europe militaire, la violence en-dehors de la guerre, la ville et la formation du personnel. Deux numéros spéciaux sont également prévus, dont l'un consacré à l'aviation. Sans plus attendre, voici le sommaire du numéro 2 de mars-avril 2007 de la Revue Militaire Suisse : Editorial - Fire and Adjust !, maj EMG Alexandre Vautravers OTAN : y a-t-il une vie après Riga? Parallèle entre officier de renseignements et historien, col Hervé de Weck Société et développement en Iran Désastre en Irak ou en Occident ?, col EMG Jacques F. Baud Campagne d’Irak 2003, Jean Dufourcq Réflexions sur une guerre atypique par deux officiers français, général Michel Forget et colonel Vincent Desportes «On Point»: un rapport qui fait le point après l’opération « Iraqi Freedom » (2003), cap Pierre Streit La guerre contre le terrorisme, première guerre robotisée, Karim Lakjaa La guerre des perceptions : à la conquête des opinions publiques, lt col EMG Ludovic Monnerat Le renseignement: quelques problèmes, Jean-Bernard Pinadel La guerre réseau-centrique : une révolution en marche, lt col EMG Ludovic Monnerat Réseau-centrique : mythes et réalités, maj EMG Alexandre Vautravers La désinformation dans la compétition Airbus – Boeing, Daniel Martel Composants et caractéristiques de la stratégie de désinformation, Gyula Csurgai Les services secrets de l’Allemagne de l’Est et leur activité en Suisse, Peter Veleff Kobre, l’unité antiterroriste de l’armée serbe, Zoran Milosevic Une bombe atomique dans l’arrière-cour?, David Humair Évolution des armes antichars (1), maj EMG Alexandre Vautravers Les années 1830: aux armes Zofingiens !, cap Jean-Marc Spothelfer SSO - Le programme d’activité 2007 SVO - Commémoration de l’Indépendance Vaudoise Médias : un ennemi invisible et intangible, lt col EMG Ludovic Monnerat Revue des revues, maj EMG Alexandre Vautravers Journées des Forces terrestres. Rappelons que seuls les abonnés peuvent lire l'ensemble de ces articles, et qu'il suffit de quelques clics pour recevoir un exemplaire gratuit en guise d'essai ou pour s'abonner pour une année !
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Près de 800 officiers de la brigade blindée 1 ont participé à son rapport annuel dans l'Espace Gruyère, à Bulle. La rencontre s'est faite sous une nouvelle étoile: le brigadier Daniel Berger vient en effet de prendre ses fonctions de commandant. Il a exigé un engagement sans failles des cadres et de l'ensemble des militaires. La brigade blindée 1 a fêté son rapport annuel, le 30 mars 2007, en présence de nombreux politiciens, de représentants du Département fédéral de la défense, de la population et des sports (DDPS) et du monde de l'économie. C'est dans une atmosphère chaleureuse que 800 officiers et officiers supérieurs se sont réunis à l'Espace Gruyère pour écouter des discours enthousiasmants et rencontrer leur nouveau commandant, le brigadier Daniel Berger. La motivation des membres de la brigade blindée 1 et des autres participants au rapport était palpable. « Il n'y a pas de missions de seconde zone, il n'y a que des missions. Et il n'y a qu'une armée, une armée de premier plan », a déclaré le commandant de la brigade. «Je suis convaincu que seule une troupe d'élite motivée et bien entraînée est capable de maîtriser le but suprême pour lequel elle est équipée : le combat interarmes. Notre mission est de nous préparer avec efficacité», a lancé le brigadier. Il a inscrit ses exigences dans un contexte international, parlant notamment de la guerre au Liban. En citant Dan Millan, il a souligné l'importance d'une vision d'avenir: «Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau et non pas se battre contre l'ancien.» Le brigadier Daniel Berger a aussi présenté les grandes lignes de la période 2008/2011 et a exposé les trois missions principales de l'Armée suisse: engagement subsidiaire pour la prévention et la défense des dangers existentiels, défense territoriale et défense contre une attaque militaire, engagements pour le maintien de la paix dans le contexte international. Il a expliqué que la brigade blindée 1 resterait telle qu'elle est à l'heure actuelle: «L'avenir des chars de combat ne doit pas être remis en question: je suis d'avis que la force blindée va perdurer, mais que son type d'engagement va changer. Le combat se fera de plus en plus de manière asymétrique. C'est pourquoi nous devons à l'avenir entraîner les forces armées du pays dans le domaine des combats en terrains bâtis. L'infanterie et les troupes mécanisées seront de retour, à l'avenir, au coeur du succès main dans la main. La réussite ne peut être au rendez-vous que par le biais d'une action en réseau.» Le brigadier a présenté aux officiers présents les buts à atteindre: «En 2007 et 2008, je veux que l'effort principal se porte sur l'entraînement et l'amélioration de la puissance de feu, de la mobilité et de la préparation au combat de nos chars, l'état de préparation au combat de nos grenadiers de chars, la vitesse et l'efficacité de notre exploration, des transmissions, de la logistique et de la conduite des engagements, ainsi que la préparation aux tâches spécifiques des troupes du génie, d'abord de manière séparée et plus tard de façon combinée.» A l'instar du brigadier Berger, Luc Fellay, Commandant de corps des Forces terrestres, a cité le sportif de l'extrême et ex membre des forces spéciales sud-africaines Mike Horn: «Celui qui est prêt à s'adapter, a l'avantage. Toujours.» En d'autres mots: les officiers présents sont les acteurs du changement et ne le subissent pas. Le commandant de corps Luc Felley a fait le lien avec le contexte militaire actuel et futur et a mis l'accent sur la formation et la conduite pour les années à venir. Le chef des Forces terrestres a aussi souligné l'importance des systèmes d'information de gestion (FIS). Le colonel Jean-Luc Michoud, commandant de la brigade ad intérim jusqu'en janvier 2007, après un coup de rétroviseur sur les activités de la brigade pendant l'année 2006, a pris la balle au bond et présenté les fondements de ce système d'information de gestion des Forces terrestres (FIS FT). Il signifie l'interaction des informations de conduite émanant des différents systèmes de conduite en prenant toutes les formes d'opération en considération. Le projet regroupe et coordonne les systèmes FIS, les systèmes et les applications spécialisés. Il insère ces systèmes dans les processus politiques et stratégiques, optimise les ressources nécessaires et garantit le lien avec les services externes ainsi que l'intégration dans l'administration. Le professeur honoraire de l'EPFL Jacques Neirynck a fait un exposé intitulé «La stratégie de la science, entre savoir et pouvoir». Le scientifique y a rappelé l'importance de la «ressource humaine» pour le développement scientifique et économique et la maîtrise des exigences présentes et futures. Il a approfondi des questions en lien avec les domaines de la science, du savoir et de l'éthique, notamment sur la légitimité de la recherche et ses conséquences, notamment militaires. Pour l'ancien conseiller national, «la science n'a nul besoin d'une éthique dictée de l'extérieur pour gouverner sa démarche propre. Elle constitue un discours qui élève l'homme par son seul déploiement. Elle se situe sur le même plan que l'art, la prière ou l'amour. Elle fait partie des facultés les plus hautes qui mettent l'homme à part des animaux. Il existe non seulement un droit de savoir, mais un devoir d'apprendre.»   Cellule communication brigade blindée 1   www.brbl1.ch
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WEBSTER SECURITY FORUM   International Conference / Conférence internationale. Avec le soutien de la Revue militaire suisse (RMS) et le Groupe d'études stratégiques de l'Université de Genève (GESUG).     Friday, February 2, 2007 / Vendredi 2 février 2007,  9:00 - 18:00 Commons Room, LLC, 15 route de Collex, 1293 Bellevue/Geneva[1]   Parking, cafétéria/restauration à disposition sur le site.     REGISTRATION FORM - INSCRIPTION   Name /             M / Mme Nom:                -----------------------------------------------------------------------------------------------------------   Address /         ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- Adresse:           -----------------------------------------------------------------------------------------------------------   Email:               ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- Tel:                   -----------------------------------------------------------------------------------------------------------   Please mark / Cochez ce qui convient.   ?     Please send me the proceedings of the conference, edited in 2007 (subscription price: 29 CHF).        Je souscris au volume des actes du colloque, édité en 2007 (prix de souscription: 29 CHF).   ?     Please inform me of the regular conferences, roundtables and events.        Veuillez m'informer des conférences, tables rondes et évènements à venir.     PLEASE RETURN THIS FORM EITHER VIA MAIL, FAX, OR E-MAIL TO: VEUILLEZ RETOURNER L' INSCRIPTION PAR COURRIER, FAX OU E-MAIL A:   WEBSTER UNIVERSITY                                            15, route de Collex Attn: Dr. Alexandre Vautravers                                           1293 Bellevue/Genève                                                                                        Fax: 022 959 8013 Full program /                                                                   conferences@webster.ch Programme complet sur le site:                                          www.webster.ch [1]         Trains leave from Cornavin station for Genthod-Bellevue at 8:33, 9:03, etc. (a 7 minute journey).           Départ des trains de la Gare Cornavin pour Genthod-Bellevue à 8:33, 9:03, etc. (trajet 7 minutes).
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Organisé par l'Université Webster de Genève, en étroite coopération avec la Revue militaire suisse (RMS) et le Groupe d'études stratégiques de l'Université de Genève (GESUG), le premier Forum Sécurité aura lieu le 2 février prochain à Genève. Il permettra de faire le point sur l'évolution de la nature des conflits et des questions de sécurité, mais aussi d'encourager la réflexion, le dialogue et la coopération en la matière. Depuis la fin de la guerre froide, les forces armées ont connu une succession de « révolutions dans les affaires militaires » (RMA). A tel point que les armées modernes parlent désormais de « transformation ». Les décideurs et les forces ont dû s'adapter à la nouvelle nature, aux nouveaux objectifs et aux caractéristiques de nouveaux types de conflits. En réponse au nouvel environnement, les instruments de la politique étrangère et les forces armées ont profondément évolué. On parle désormais ouvertement de privatisation de tâches logistiques et de missions de sécurité. Nous remarquons simultanément une augmentation des opérations extérieures, de maintien de la paix et de stabilisation. Les engagements multinationaux et internationaux sont devenus la règle. Les acteurs publics et privés, les humanitaires, les organisations internationales et non gouvernementales font tous face aux mêmes incertitudes, aux mêmes risques et aux mêmes menaces. De nouveaux périls se profilent dans la sphère de l'information et de la désinformation. On parle de plus en plus des armes du pauvre: terrorisme, enlèvements, chantage, subversion, infiltration, espionnage, etc. Chaque pays est désormais confronté à des dilemmes aigus. Est-il possible pour un petit État de se maintenir à l'écart des institutions de sécurité collective ? Quels sont les avantages, les inconvénients et les coûts associés à ces décisions ? Aux États-Unis, le développement spectaculaire de la sécurité intérieure (Homeland Security) pose de nouvelles questions. La frontière traditionnelle des tâches militaires à l'extérieur et des tâches de police à l'intérieur est devenue floue.   Public-cible Le Forum est organisé par l'Université Webster de Genève, en étroite coopération avec la Revue militaire suisse (RMS) et le Groupe d'études stratégiques de l'Université de Genève (GESUG). Il est soutenu par la société vaudoise des officiers (SVO) et la société militaire de Genève (SMG). Cet événement vise un large public. Les langues de travail sont l'anglais et le français. Les actes seront publiés avec l'aide de sponsors. Ce cours est étroitement lié aux cours de Master en Relations internationales suivants: "War & Diplomacy" (INTL 5550), "Humanitarian issues" (INTL 5700) et "International Organizations" (INTL 5540).   Objectifs Les buts du forum sont de: Présenter l'évolution de la nature des conflits et des questions de sécurité, en rapport avec les politiques régionales et nationales concrètes; Présenter et introduire de nouveaux résultats, de nouvelles recherches et de nouvelles disciplines au public; encourager le dialogue, la participation et la réflexion dans le domaine de la politique de sécurité; Réévaluer les menaces et les risques contemporains; évaluer les mécanismes actuels de réaction et de gestion des crises; Comparer les risques et les dangers auxquels sont confrontés les acteurs publics et privés. Comparer les processus et démontrer la coopération et les liens civils et militaires dans le domaine de la sécurité au sens large. . Thèmes Les présentations traiteront des thèmes suivants:   1e Session: Transformation des conflits Environnement stratégique; anciennes et nouvelles menaces. Stratégies d'influence. Prolifération et États faillis. Conflits asymétriques, terrorisme, conflits ethniques. Nouvelle féodalisation; privatisation des forces armées; Nouvelles stratégies, nouvelles doctrines, nouvelles disciplines: géopolitique, géoéconomie, guerre psychologique ou de l'information. Le rôle des agences de renseignement dans la prévision, la prévention et l'influence. Actions humanitaires et les défis des opérations de maintien de la Paix (PSO). Frontières entre police et armée; reconstruction et stabilisation.   2e Session: Risques civils et militaires au XXIe siècle Les nouveaux rôles de l'OTAN. Nouvelles menaces et nouveaux risques: enlèvements, chantage, terrorisme à bas prix... Gestion de risques et gestion de crises. Coopération civile-militaire (CIMIC). Sécurité de l'information, guerre de l'information, désinformation. Protection civile et sécurité du territoire. Les défis du terrorisme et de la protection d'infrastructures. Nouvelles définitions: conflit, paix, sécurité humaine...   3e Session: Le dilemme stratégique des petits États Hégémonie et puissances régionales. Neutralité au XX et XXIe siècles. Sécurité par la coopération. La politique de sécurité de la Suisse. Professionalisation: conscription et réserves.     Date et lieu Vendredi 2 février 2007, 9:00 - 18:00 Commons Room, LLC  15 route de Collex, 1293 Bellevue/Genève            Inscription sur cette page                                                                                                                   Notes: *          Pour plus d'information, contactez: 022 959 80 00 ou: vautravers@webster.ch . **        Délai d'inscription: 30 janvier 2007. L'inscription est possible sur place.
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