Alexandre Vautravers

Médiation dans les conflits armés

Le Département des Sciences sociales et du Comportement, ainsi que le Département de Relations Internationales présentent une table ronde et une discussion sur ce thème.

Les conflits modernes prennent rapidement, mais sont souvent difficiles à éteindre. Les parties s'engagent fréquemment dans un conflit sans réflexion ou stratégie de repli. Plus de 30 % des conflits contemporains ont débuté il y a plus de 30 ans.

Depuis 1956, les forces armées ont été chargées de missions de maintien de la paix ou d'interposition. Plus récemment, les organisations internationales et non gouvernementales partagent ces tâches et ces risques.

Cette table ronde propose d'éclairer les défis et les compétences nécessaires à la médiation entre des parties, dans le cadre de conflits armés. Elle le fera au travers d'exemples concrets et d'expériences vécues.

L'université Webster à Genève est fière de recevoir deux intervenants disposant d'expériences personnelles considérables et de visions originales :

  • Harriet Martin, ancienne correspondante de guerre, membre du Centre pour le Dialogue Humanitaire, présentera ses travaux et son ouvrage sur la biographie de 6 médiateurs de conflits internationaux.
  • Raymond Sayegh, Professeur de Sciences politiques et de Polémologie, Libanais, Suisse et Français, docteur d'Etat, présentera son expérience et son approche systémique de la négociation dans les conflits armés.

La table ronde aura lieu le mercredi 27 septembre 2006 et se déroulera ainsi :

  • 18:30-18:40 Bienvenue
  • 18:40-19:00 Introduction et présentations
  • 19:00-20:00 Table ronde, discussion

Emplacement : Commons Room, Living and Learning Center, Webster University Geneva, 15 Rte de Collex, 1293 Bellevue, Genève

 

Pour toute information: 022 959 80 00 ou: psych@webster.ch; vautravers@webster.ch

Cet événement est ouvert au public et gratuit. Venez nombreux!

Les intervenants s'exprimeront en anglais et en français.

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Allemagne: Plus de Phantômes dans le placard ?

Alexandre Vautravers Rédacteur en chef, Revue militaire suisse (
Le 29 juin 2013 à Wittmund près de Wilhelmshaven, la Bundesluftwaffe a pris congé, devant 130'000 personnes, de ses dix derniers F-4F Phantom d’active, après 40 ans de bons et loyaux services. Cet appareil –et son retrait– sont tout un symbole. Sommes-nous en train de faire le ménage ? Est-ce le signal que la Bundeswehr fait table rase du passé ? Le chasseur-bombardier F-4 Phantom vole pour la première fois aux USA en 1958. Il est produit à plus de 5'000 exemplaires pour les forces aériennes américaines, rend de fiers services au Vietnam, est exporté vers une dizaine de pays alliés dont le Japon, Israël, le Royaume-Uni, l’Iran… L’acquisition du F-4 en Allemagne, en 1973, s’explique de deux manières : tout d’abord, la volonté de disposer au sein de la « jeune » Luftwaffe –recréée seulement en janvier 1956 à partir d’engagés volontaires ; les conscrits n’ont été intégrés qu’à partir de 1958- d’un appareil bimoteur, plus fiable et plus sûr que le F-104 dont la centaine d’accidents mortels lui a valu le surnom de « faiseur de veuves. » Ensuite, parce qu’au début des années 1970, la crise économique entre les USA et ses partenaires européens est montée à son paroxysme, avec la rupture de l’étalon-or et du marché des changes à taux fixe, ainsi que les accords de Bretton Woods. L’achat d’un appareil américain, coûteux, est alors un moyen de compenser le déséquilibre de la balance des paiements transatlantiques – une sorte de paiement en retour pour le Plan Marshall et son corolaire, le Military Assistance Program (MAP). Si cet avion a relativement peu évolué au cours des décennies, l’Allemagne et la Bundeswehr ont, elles, bien changé. Aujourd’hui en effet, il est difficile d’imaginer la Bundeswehr acquérir un appareil 100% américain ; au contraire, tout a été fait depuis les années 1980 pour développer une industrie aéronautique intégrée en Europe – c’est-à-dire Airbus et EADS. L’industrie allemande est entre-temps devenue le premier producteur et exportateur d’armements européen. L’Europe de la défense existe et l’on ne va plus s’entraîner au Canada, mais en Sardaigne ou en Scandinavie. Durant la guerre froide, la République fédérale allemande (RFA) a été très timide dans ses achat de matériels de guerre, renonçant sciemment aux armements les plus performants afin d’exorciser les démons du passé et de rassurer ses partenaires. Le F-4F était un appareil allégé par rapport au modèle américain, ne disposant pas de missiles à longue portée. Aujourd’hui, la baisse des budgets de défense et la rationalisation empêche toute fabrication « sur mesure » et impose les partenariats industriels, tout comme la mise en commun (pooling) des moyens : c’est la philosophie du Tornado (tri-national) puis de l’Eurofighter (7 utilisateurs, dont 5 européens). On imagine aussi mal la Bundeswehr disposer, aujourd’hui, d’un matériel uniquement destiné à la défense territoriale – tant dès son origine en 1949, il est clair que celle-ci n’a de sens et de légitimité qu’au sein de l’OTAN, constituée la même année. En 2012 les F-4F ont été engagé pour protéger l’espace aérien des Etats baltes. L’Allemagne a fourni, après les Etats-Unis, le second plus important contingent à l’ISAF, en Afghanistan, avec plus de 5'000 soldats déployés. Depuis 2010, la Bundeswehr a abandonné la conscription et est devenue une armée professionnelle, vouée à être engagé pour des missions infra-guerrières de stabilisation ou de gestion de crises (dites de Petersberg) dans un cadre multinational. Le Phantom, obsolète déjà il y a vingt ans, a été maintenu en service en raison des hésitations stratégiques et politiques. A la fin de la guerre froide, la réunification des deux Allemagnes a primé sur toute autre considération, obligeant à faire des sacrifices économiques et stratégiques. On a même maintenu pendant une décennie, dans la même escadre, le F-4F et son concurrent de la guerre froide : le MiG-29 issu de l’ex-NVA. Tout cela pour ménager les esprits de l’Est et de l’Ouest, imposant une décennie de procrastination stratégique aux partenaires européens et prenant des distances avec les fournisseurs intéressés aux USA. L’influence des intérêts politiques dans la politique de sécurité allemande est évidente, allant parfois à rebours des intérêts économiques. Mais il est tout aussi intéressant de constater l’utilisation de la politique d’armement en tant que véritable « soft power » allemand. A+V Pour en savoir plus : Alexandre Vautravers, « F-4F : 40 ans et toutes ses dents, » Revue militaire suisse (RMS) Thématique Aviation, septembre 2013.
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Durant les manœuvres multinationales "NEPTUNE WARRIOR", conduites par la Royal Navy entre le 22 avril et le 3 mai 2007 dans les eaux internationales, un pays n'était pas invité... Le 9 mai, une annonce a fait part de l'intrusion durant l'exercice de 2 avions de patrouille maritime Tupolev 142 Bear F. Deux chasseurs Tornado F3 ont décollé de la base de Leuchars, afin de les intercepter au-dessus des îles Hébrides extérieures et les escorter durant 15 minutes au-delà de l'espace aérien britannique. Au total, l'incident a duré une vingtaine de minutes. Les appareils de reconnaissance des Forces aériennes russes sont originaires de Murmansk, sur la péninsule de Kola. Ce type de survols est une habitude de la guerre froide, à raison d'un vol hebdomadaire. Mais ces survols sont devenus rares depuis le début des années 1990. Depuis le mois de juillet, l'escadre de Leuchars vole sur Typhoon. L'activité principale au jour le jour est la défense de l'espace aérien, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, à savoir la surveillance et l'interception d'appareils civils hors des routes autorisées. Durant la guerre froide, la « faille » délimitée entre le Groënland, l'Islande et la Grande-Bretagne - ou GIUK Gap - revêtait une importance stratégique car elle permettait de surveiller les sorties de la flotte soviétique. Traditionellement, ce secteur est bardé de capteurs sous-marins (SOSUS), de surface et aériens pour détecter et suivre à la trace les flottes de surface et surtout les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, pour lesquels cette zone permet de frapper en quelques dizaines de minutes des cibles des deux côtés de l'Atlantique. L'événement survient dans le contexte de l'installation en Europe centrale de capteurs et de sites de lancement de missiles anti-balistiques. Les tensions durant le sommet du G8 et, plus récemment, dans les discussions bilatérales, sont perceptibles. Avec le refroidissement des relations américano-russes et l'importance accrue de la surveillance des « autoroutes » aériennes commerciales, le GIUK n'a rien perdu de son importance stratégique.   A+V     Tupolev 142 Bear F Type : avion de patrouille maritime/antisousmarine Moteurs : 4 x turboprop Kuznetsov NK-12 M à hélices contrarotatives Puissance: 4 x 14'795 CV Vitesse max : 870 km/h Rayon d'action : 12'550 km (avec 11'340 kg de charges offensives) Poids vide : 72'650 kg Poids max : 185'000 kg Armement : 2x canons GSh-23 mm   1-8 missiles de croisière antinavires Kh-35 (AS-17)   torpilles anti-sous-marines (450 mm) ou antinavires (533 mm)   charges anti-sous-marines Production : 225     Tornado F.Mk3 Type : chasseur de supériorité aérienne tous temps Moteurs : 2 x Turbo-Union RB 199-34R Mk 104 Puissance: 2 x 7'493 kgp Vitesse max : 2337 km/h à 11000 m Rayon d'interception : > 1'853 km Poids vide : 14'500 kg Poids max : 27'987 kg Armement : 2 x canons Mauser 27 mm (2 x 180 obus)   2-4 missiles air-air IR (Sidewinder ou ASRAAM)   4 missiles air-air (Skyflash ou AMRAAM) Production : 18 F.Mk.2   155 F.Mk3
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Alors que les avions décollent et que les bombes tombent, quelle est la stratégie en cours en Libye ? Au-delà des déclarations des uns et du silence retenu mais convenu des autres, qui décide des opérations ? Sur le plan décisionnel, la Résolution 1970 du Conseil de Sécurité de l'ONU (26.02.2011 -), votée à l'unanimité, détermine clairement les buts à atteindre. La Résolution 1973 (17.03.2011) votée par 10 voix et 5 absentions, se prononce sur les moyens pouvant être mis en œuvre pour atteindre ceux-ci. Les termes de cette dernière Résolution laissent beaucoup de marge d'interprétation. L'expérience des conflits, des opérations de stabilisation ou de maintien de la Paix de ces dernières années démontrent que différents Etats-membres peuvent interpréter de manière fort différente ces moyens ; ils les appliquent également sur le terrain de manière différentielle. Sur le plan du commandement, la France s'y étant fortement opposée, l'OTAN ne pilote pas les opérations militaires. Mais ce sont néanmoins ses moyens et son infrastructure qui sont utilisées dans la pratique. Ainsi peut-on distinguer trois centres de commandement importants : La liaison et la coordination entre les commandements nationaux sont assurés à Stuttgart, où se trouve le QG de l'US Africa Command, du général Carter Ham. Le commandement Sud interarmées de l'OTAN, à Naples. Le commandant des forces navales américaines en Europe, l'amiral Sam Locklear, à partir de son QG de Naples ou son navire de commandement l'USS Mount Whitney (LCC-20). La France est intervenue seule et en premier. Les objectifs et les moyens étant différents, il se dessine donc une coalition à géométrie variable. Sur le terrain, les situations sont également différentes d'un endroit à l'autre. En effet, on estime la population qui s'est soulevée contre son leader à un tiers voire un quart - nous sommes donc loin de la situation de la Tunisie ou de l'Egypte. Les combats, d'autre part, sont de plus en plus localisés à l'Est du pays. C'est là, incidemment, que se trouvent l'essentiel des ressources énergétiques du pays... L'expérience laisse donc penser que l'on assistera, à terme, à une distinction entre deux, voire trois espaces : A l'Est, la Cyrénaïque, un engagement visant à protéger la population, au plus proche des forces rebelles - qu'il s'agit d'appuyer et surtout de ne pas toucher par des erreurs de ciblage. Cette zone pourrait être mise sous la responsabilité des pays les plus actifs dans l'action militaire actuelle: France et Grande-Bretagne en premier lieu. A l'Ouest, en Tripolitaine, une action d'interdiction de vol et, au besoin, également contre les mouvements militaires terrestres, menée par les puissances moins belliqueuses; ceci pourrait également s'accompagner de la création de zones tampon ou démilitarisées. On peut imaginer que les alliés arabes interviendraient prioritairement dans ce cadre. Dans cette logique, on comprend mieux les déclarations politiques du Président américain, qui promet qu'il n'y aura pas d'invasion ou d'engagement de troupes terrestres de son pays. On comprend également les déclarations du Président français et du Premier-ministre britannique, qui insistent sur la protection des populations et l'autodétermination. Et enfin, les déclarations de Moscou et de Pékin, qui insistent sur la volonté de maintenir l'unité de la Libye. L'expérience des conflits récents démontre en effet que sans une forte présence internationale, l'unité des pays en guerre est généralement sacrifiée au profit d'un découpage militaire et politique, dans le but de séparer les problèmes, voire les groupes humains. Souhaitons que l'Afrique du Nord et le Moyen Orient ne connaissent pas, à leur tour, la « balkanisation. »   Alexandre Vautravers
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« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage ! » Les discussions préliminaires prévoyaient le début de l'opération dès le vendredi 18.03.2011, mais ceci a été repoussé en raison de délais demandés par certains partenaires, ainsi qu'en raison de la journée de prière musulmane. S'est alors engagé une véritable course contre la montre, Saïf Al-Islam Khadafi prévenant que l'opération toute entière serait caduque dans les 48 heures, si le bastion de la rébellion venait à tomber. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la manœuvre de Mouammar Khadafi, annonçant un cessez-le-feu puis lançant toutes ses forces dans la bataille, pilonnant et ouvrant une tête-de-pont dans Benghazi, tout en demandant une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l'ONU et l'envoi d'observateurs. La France a « grillé le départ » de l'opération, dans le but d'empêcher Khadafi de mettre la Coalition devant un fait accompli. Dès 11h00 samedi 19.03.2011, deux Rafale ont décollé de Saint-Dizier, pour effectuer une mission de reconnaissance (pod reco-NG, 6 Mica, 2 réservoirs de 2'000 l subsoniques) ; quatre autres (6 Mica, 3 réservoirs de 1'250 l supersoniques) les ont suivi pour assurer la supériorité aérienne. A partir de 15 heures, deux Mirage 2000 D et deux Mirage 2000-5 ont décollé de Nancy et de Dijon, pour effectuer respectivement des actions d'attaque au sol (CAS) et de chasse (CAP). Au total, une vingtaine d'appareils ont été engagés. Les vols de reconnaissance ont pu notamment servir à la préparation de missions d'attaque, ainsi qu'à la navigation et au ciblage des missiles de croisière. Les premières frappes contre des buts terrestres ont eu lieu dès 17h45, contre des véhicules blindés, faisant état d'un à quatre véhicules détruits. Durant la nuit, 110 missiles de croisière TLAM (Tomahawk Land Attack Missile) ont été tirés par quatre sous-marins américains (USS Florida, USS Newport News, USS Scranton, USS Providence), un sous-marin britannique (HMS Westminster), ainsi que deux destroyers de l'US Navy (USS Stout et USS Barry). Au moins un raid aérien a été mené également avec quatre Tornado GR4A partis de la base de RAF Marham, chargés chacun de deux missiles de croisière Storm Shadow et de contre-mesures électroniques. Ces moyens auraient neutralisé vingt des trente-et-une bases de missiles de défense sol-air libiennes. Ce matin, les opérations aériennes doivent s'intensifier. En effet, on compte désormais sur la disponibilité d'autres appareils de la coalition, notamment 7-8 CF-18 canadiens, 4-6 F-16 danois, norvégiens et belges. Le porte-avions nucléaire français Charles de Gaule appareillera ce midi, avec à son bord 8 Rafale F2 et 6 Super Etendard Modernisés (SEM). La matinée devra déterminer l'efficacité des frappes jusqu'ici, et pourrait voir une intensification des actions visant à neutraliser ou à détruire les systèmes de défense aérienne libyens.   Alexandre Vautravers
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Le Salon de l'aéronautique et - plus récemment - de l'espace a attiré 360'000 visiteurs entre le 15 et le 19 juin 2009, dont 140'000 professionnels. La 48e édition s'est déroulée dans un climat morose, même si Airbus a signé la vente de 127 appareils, pour une valeur de 12,9 milliards de dollars - à comparer avec les 98 milliards annoncés lors de l'édition précédente, en 2007. Dassault a annoncé une avancée dans ses négociations de vente du Rafale aux Emirats Arabes Unis (EAU), où il est question de remplacer la flotte de Mirage 2000 en 2013. Le constructeur français a également présenté un mock-up de son impressionnant démonstrateur technologique de drone de combat Neurone. Ce projet - auquel est associé RUAG Aerospace - n'est pas destiné à être commercialisé dans l'immédiat ; mais son développement est nécessaire pour maintenir en Europe des compétences-clé en matière de furtivité. L'Eurofighter Typhoon d'EADS faisait -au propre comme au figuré- face au Rafale. Ces deux avions de combat ont monopolisé l'attention des spectateurs, au sol comme en l'air. A contrario, chacun se sera interrogé sur l'absence du Saab Gripen sur le salon... D'autres marchés sont ardemment disputés : après avoir évoqué celui des drones, parlons de celui des voilures tournantes ; ensuite celui des AWACS miniaturisés, qui sont en train de révolutionner la conduite des opérations aériennes. L'armée de l'Air française a présenté ses moyens sur un stand très didactique, des hélicoptères à la série des Mirage F1 et 2000 en service, ainsi qu'un clin d'œil au Jaguar. L'US Air Force et l'US Navy sont venus en force, mettant en avant leur capacité de transport stratégique : C-130, C-17, en plus d'une panoplie d'appareils de combat F-15, F-16 et F-18F. Le F-35 (JSF) était également présent, au centre de nombreuses interrogations sur la viabilité du projet. Quant aux démonstrations de vol, on se réjouit qu'une trentaine d'appareils historiques soient parvenus à donner un peu de couleur et de relief à la monotonie et à la grisaille ambiante... La présentation la plus impressionnante a d'ailleurs été un ballet aérien de 4 Airbus, dont une démonstration d'agilité du géant A-380.   Lt col EMG Alexandre Vautravers
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Le 27 juin 2007, un crédit initial de 8 millions de francs a été accordé pour la mise en place d'un crédit visant à évaluer les possibilités de remplacer la flotte de F-5E/F Tiger II actuellement en service. Les premiers pas vers l'acquisition d'un nouvel avion de combat pour les Forces Aériennes suisses. Acquis à partir de 1979, le Tiger est un appareil développé durant les années 1960 qui, bien que modernisé, n'est plus apte à la défense aérienne contre des avions de combat modernes. Le F-5 est limité par son faible rayon d'action, c'est-à-dire le temps en patrouille, mais également par le fait que son radar ou son armement ne portent guère au-delà de l'horizon. De plus, sa suite électronique est insuffisante. Dans ses fonctions actuelles de police aérienne et d'appui aérien, sa capacité d'emport est faible et il ne peut opérer de nuit ou par mauvais temps. Pour compléter efficacement la flotte de 33 F/A-18, il devra être remplacé à partir de 2013/2015. Le projet d'acquisition d'un nouvel appareil est prévu dans le programme d'armement 2010. ...   La suite de cet article est disponible dans le numéro spécial "Aviation" de la Revue Militaire Suisse, bientôt disponible !   Maj EMG Alexandre Vautravers Rédacteur en chef     Comparaison : Les concurrents pour le programme Tiger-Ersatz suisse Modèle JAS-39 C/D Gripen Export Rafale C/D Eurofighter Typhoon F/A-18E/F Super Hornet Longueur 14,10 m 15,30 m 15,96 m 18,31 m Envergure 8,40 m 10,90 m 10,95 m 13,62 m Hauteur 4,50 m 5,34 m 5,28 m 4,88 m Poids à vide 6 620 kg 9 670 kg 11 000 kg 13 864 kg Poids max 14 000 kg 24 500 kg 23 500 kg 29 900 kg Moteurs 1 x Volvo Aero RM12 (GE F404) 2 x M-88-2 2 x Eurojet EJ200 2 x F-414 GE-400 Puissance 1 x 54 kN 2 x 47,7 kN 2 x 60 kN 2 x 62 kN Puissance avec réchauffe 1 x 80 kN 2 x 72,9 kN 2 x 90 kN 2 x 98 kN Carburant interne   4 500 kg env 4 000 kg 6 145 kg Vitese max 2 250 km/h (Mach 2,0) 2 170 km/h (Mach 1,8) 2 390 km/h (Mach 2,25) 1 680 km/h (Mach 1,6) Rayon d'action 800 km 900 km 601-1389 km 627 km Armement air-air 1 x 27 mm Mauser 2-6 AIM-9 4 AMRAAM, Skyflash, Meteor ou Mica 1 x 30 mm GIAT 2-6 Mica (ev Meteor)     13/14 points d'emport 1 x 27 mm Mauser 2 AIM-9, IRIS-T ou ASRAAM 4 Meteor 14 points d'emport 1 M61 20 mm (578 coups) 2 AIM-9L/P/X 2 AIM-120 ou AIM-7 5 points d'emport Charges externes   9 500 kg env 6 500 kg 8 050 kg Production 138 294 701 300 Prix (est) 25,0 millions USD (1998) 47,5 millions USD (2006) 47,5 millions USD 58 millions USD 60 millions USD en 2007  
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Les récents conflits ont rappelé le rôle essentiel du char de combat, grâce à sa combinaison unique de mobilité, de protection et de puissance de feu. Sa longue évolution depuis les guerres mondiales lui permet de rester un outil essentiel au sein des armées. Sans remonter à la cuirasse blindée de Léonard de Vinci ou au bélier destiné à défoncer les murailles, les engins de combat protégés sont un rêve ancien. Durant la Première guerre mondiale, la cadence de tir, la précision et la portée des armes d'infanterie et de l'artillerie immobilisent le front dès l'été 1914. A cette époque, des engins blindés, montés sur voie ferrée ou sur roues, étaient déjà en service. En particulier, la Royal Navy emploie dès 1915 des automitrailleuses -souvent, de simples camions sur lesquels sont fixées des plaques d'acier- pour défendre les aérodromes et récupérer les pilotes abattus en terrain ouvert ou dans le no man's land, entre les tranchées de première ligne.   Les origines Ces engins ne franchissent pas les cratères de combat entretenus par l'artillerie des deux camps. Un comité est mis sur pied par le ministre de la Guerre, Winston Churchill, afin d'élaborer une solution technique. L'influence de la Royal Navy -arme technique et industrielle par excellence- est prépondérante au sein du comité. Issu des techniques de fabrication des cuirassés -blindés et rivetés- de l'époque. Ainsi, le programme vise à construire Landship, c'est-à-dire une « cuirasse terrestre ». L'originalité du concept du lieutenant-colonel Ernest D. Swinton[1] est l'utilisation de chenilles, construites à partir du tracteur agricole Holt. Le système de la chenille est lui-même issu des « sabots » installés sur les pièces d'artillerie de la même époque, pour leur permettre de ne pas s'enfoncer dans la boue. Un concept similaire a été inventé en Autriche au début des années 1910, mais les travaux n'ont pas été poursuivis. Le nouvel engin doit être un machine-gun destroyer, afin de mettre fin à l'impasse de la guerre des tranchées et permettre à l'infanterie de survivre à l'assaut en la protégeant du feu des mitrailleuses et des éclats d'obus. Le nom de tank est utilisé pour dissimuler la véritable nature de l'engin, qui ressemble effectivement à une citerne, à la curiosité de la troupe et du renseignement adverse.   Les tanks: 1915-1925 Le char d'assaut britannique apparaît, pour la première fois, sur le front de la Somme en septembre 1916. Ses débuts sont peu glorieux. Sur les 49 tanks envoyés, seuls 32 arrivent à destination et durant l'attaque, 9 tombent en panne, 9 sont incapables de suivre l'infanterie, 5 tombent dans des cratères ou des trous d'obus et 9 seulement mènent effectivement l'assaut. Peu impressionné, le commandement allemand est conforté dans son jugement quand à Ypres, en 1917, 76 chars Mark IV et 12 blindés d'accompagnement échouent dans leur tentative de rompre le front allemand après que 10 jours de pilonnage intensif et de lourdes pluies aient achevé de rendre le terrain infranchissable. Ces engins, pour être efficaces, doivent être employés en masse: à Cambrai le 20 novembre 1917, les Britanniques lancent contre la ligne Hindenbourg 324 chars Mark IV et 100 blindés de ravitaillement, qui doivent ouvrir la voie à 6 divisions d'infanterie et 5 de cavalerie. Le maintien du secret, une concentration de 1 000 pièces d'artillerie et un soutien de 300 avions permettent une avance de 10 km en 12 heures. Les Alliés perdent 4 000 hommes et 65 chars à l'ennemi ainsi que 179 autres en panne ou embourbés, mais les Allemands abandonnent 9 000 prisonniers et 100 pièces d'artillerie capturées. A partir de cette date, le tank, désormais copié en France (1916), en Allemagne (1917) puis construit sous licence aux Etats-Unis (1918) devient indispensable dans toutes les offensives terrestres. A la bataille de Soissons en juillet 1917, les Français concentrent plusieurs centaines de chars et prennent 30 000 prisonniers et 800 canons allemands. Le 8 août, « jour noir » de Ludendorff, 450 chars britanniques bousculent le front de plus de 10 kilomètres. Mais l'effet des chars est également psychologique. Et c'est peut-être cet aspect qui a le plus frappé les contemporains, comme le maréchal Hindenbourg : « L'attaque britannique à Cambrai a révélé pour la première fois les possibilités d'une grande attaque surprise avec des chars. Nous avons eu des expériences précédentes avec cette arme dans l'offensive de printemps, lorsqu'elle n'a pas fait d'impression particulière. Néanmoins, le fait que les tanks ont maintenant atteint un tel niveau de perfection technique qu'ils pourraient traverser nos tranchées et nos obstacles intacts n'a pas manqué d'avoir un effet marqué sur nos troupes. Les effets physiques du feu de mitrailleuses et de canons légers dont étaient dotés les Colosses d'aciers étaient bien moins destructeurs que l'effet moral de son invulnérabilité relative. Le fantassin sentait qu'il ne pouvait pratiquement rien faire contre ses parois blindées. Dès que la machine franchissait nos tranchées, le défenseur se sentait lui-même menacé de l'arrière et abandonnait son poste ».   Petits essais et grandes manœuvres: 1925-1935 Les années 1920 sont marqués par une sévère contraction des budgets. Il en résulte l'abandon des engins lourds au profit de tankettes, des chenillettes à 1-2 hommes sur le modèle des chars légers Renault. Les Britanniques maintiennent leur distinction entre chars d'infanterie et engins de manœuvre (cruiser). Les premiers sont lents, lourds et fortement blindés, armés d'un canon antichar de faible calibre à haute vitesse. Les seconds sont de taille moyenne, rapides et dotés d'armes polyvalentes; une fois la percée effectuée, ils s'enfoncent dans les arrières des formations adverses pour rompre leurs communications, leur logistique, leurs moyens de conduite et d'appuis. C'est en Grande Bretagne, sur la plaine de Salisbury, que de grandes manœuvres sont effectuées à la fin des années 1920 pour démontrer l'efficacité de grandes unités de manœuvre blindées. Ces exercices impressionnent profondément les observateurs étrangers: Soviétiques et Allemands en particulier. A l'aube de la Seconde guerre mondiale, les premiers disposent d'une force de 30 000 chars, les seconds d'environ 3 000.   Le char à l'échelle industrielle: 1935-1955 Dès 1928, la conception du char d'infanterie sur le modèle du Mark IV est abandonnée, car sa grande taille le rend trop facilement repérable et trop lourd -plus de 35 tonnes-, ou encore peu fiable. Dans la première moitié des années 1930 s'impose la conception de chars moyens de 13 à 20 tonnes, maniables, rapides -plus de 30 km/h- dotés d'une tourelle mobile armée d'un canon de 35 à 50 mm, à l'instar du Somua S-35 français de 1934. Cette évolution vers le char moyen est accentuée par le réarmement et de nouvelles conceptions de la guerre de mouvement, grâce à l'emploi d'unités mécanisées ou blindées, qui voient le parc de chars d'assaut des puissances européennes passer de quelques centaines à plusieurs milliers d'unités en moins d'une décennie. L'industrie lourde et les techniques de construction ne restent pas l'apanage des vainqueurs occidentaux de la Première guerre mondiale et se diffusent en URSS (BT-5 de 1933[2]), au Japon, en Italie (M-13 de 1940), en Tchécoslovaquie (chars 35 et 38) ou en Suède. Les rivets laissent la place aux soudures, puis aux blindages inclinés. En Allemagne en 1937, le PzKpfw III de 18 tonnes[3], équipé d'un canon de 37 puis de 50 mm et deux mitrailleuses compte un équipage de 5 hommes et constitue la référence de la conception du char à cette période. La Seconde guerre mondiale, dans laquelle le char joue un rôle essentiel, est marquée par une spectaculaire amélioration des performances en matière de protection, d'armement et de mobilité. Dans l'exemple allemand, le blindage du PzKpfw III est de 15 mm pour 18 tonnes, celui du PzKpfw V Panther en 1943 de 40 à 80 mm pour 46 tonnes, alors qu'à la fin de 1944 le PzKpfw VI B Tiger II est protégé par un blindage de 80 à 110 mm et son poids dépasse les 68 tonnes. Mais la rupture est également quantitative. En 1940, l'Allemagne produit 2 200 chars alors que malgré les bombardements stratégiques et les reculs militaires, 27 000 chars sortent des usines en 1944, soit une multiplication de la production par 12. La Seconde guerre mondiale marque également la diversification du tank en plusieurs engins spécialisés: le char d'assaut (lourd), le char moyen et léger. La division britannique entre chars d'infanterie et chars de manœuvre (cruiser) est abandonnée. Les chars obsolètes sont recyclés afin de fournir la base de familles d'engins blindés: transports de troupes, engins du Génie, dépanneuses, obusiers blindé d'artillerie et chasseurs de chars.   Le char universel: 1955-1965 La Seconde guerre mondiale marque une spécialisation des engins blindés. Dans le contexte de l'après-guerre, les armées de second rang et aux faibles moyens se trouvent dans l'incapacité de développer et de se doter de tous les types d'engins. De plus, l'engagement de moyens tactiques diversifiés complique la conduite et la manœuvre. Les blindés légers, qui ont connu des succès en 1938-1940, sont relégués à des tâches de reconnaissance et d'appui de l'infanterie dès 1941. La guerre de Corée et la décolonisation mettent à nouveau en évidence les insuffisances des engins légers comme le M24 Chaffee (18,4 tonnes) et l'AMX-13 (13 t), incapables de franchir des obstacles et ne résistant pas aux coups directs. L'époque est aux engins de plus de 40 tonnes, fabriqués en acier moulé. Sur la base des cruisers britannique naît le concept de Main battle tank (MBT) - un engin de taille et de poids moyens, capable aussi bien de combattre des buts durs et mous, et doté de l'armement principal des anciens chars lourds. Le premier engin de ce type est le Centurion britannique; il est rapidement suivi par la série des Patton américains (M48, M60). Leur adversaire, le T-34 soviétique armé d'un canon de 76 puis de 85 mm et produit à 45 000 exemplaires, reste en service longtemps après la Guerre. Mais dès 1947, il est suivi par un engin révolutionnaire: le T-55. Son poids modeste et ses faibles dimensions[4] lui permettent de rouler à 60 km/h. Son profile balistique est amélioré par la forme arrondie de sa tourelle. Enfin, il est doté d'un canon rayé de 100 mm doté de 35 coups. A l'Ouest, sur le concept MBT inauguré par le Centurion, sont développés des chars moyens de 40 tonnes, capables d'atteindre les 65 km/h et dotés de canons au calibre standard OTAN de 10,5 cm. La stabilisation deux axes permet désormais le tir en mouvement ou sur un but mobile, jusqu'à 1 500 mètres. Des munitions antichars à noyau et à charge creuse sont développées. L'AMX-30 et le Léopard 1 sont tous deux le résultat d'un programme franco-allemand avorté. Tous deux connaissent un succès considérable à l'exportation.   High Tech: 1965-1975 L'apparition des engins filoguidés antichars durant les années 1960, capables de toucher et de mettre hors de combat un char lourd à des distances de 2 à 4 000 mètres suscite une profonde remise en question. A tel point que des chars dotés d'armement mixte canon/lance-missiles sont développés, à l'instar du M60A2 et du T62/T64. La volonté d'équiper les chars de tous les raffinements techniques du moment -chargeur automatique, tourelles télé-opérées, radars et intensificateurs de lumière, contre-mesures, suspension hydropneumatique, turbine à gaz, etc- conduisent à une inflation des coûts, à l'instar du MBT-70 germano-américain. La difficulté d'engager côte à côte des engins aux armements si différents, les difficultés de mise au point ainsi que les coûts ont raison de ces projets.   Dinosaures et puces informatiques: 1975-2005 La fin des années 1970 connaît simultanément un regain d'intérêt pour les armements conventionnels: l'OTAN mécanise ses forces. Parallèlement, l'électronique miniature permet la production de systèmes de vision nocturne abordables et fiables, ainsi que des systèmes de stabilisation et des conduite de tir électroniques. Enfin, de nouvelles techniques de blindage sont développés en Grande Bretagne (composite Chobbam) et en Israël (blindage réactif, explosif), qui mettent les blindés de 3e génération à l'abri des charges creuses. Le Léopard 2, le M1 Abrams ou le Challenger pèsent entre 55 et 65 tonnes, roulent à 70 km/h et sont capables de combattre en mouvement. Le rythme des actions mécanisées augmente et le combat de rencontre à un contre trois devient possible contre des engins de la génération précédente. La fin de la guerre froide et la généralisation des armements guidés soulève, durant les années 1990, de profondes interrogations. Cependant, la nécessité de pouvoir opérer dans un environnement contaminé et/ou hostile, pris sous le feu direct, conduit à un renforcement du niveau de protection qui atteint désormais les 70 tonnes. L'installation de systèmes de transmissions de données et de gestion du champ de bataille (BMS) augmentent sensiblement l'efficacité, la coordination, le rythme et la souplesse des formations mécanisées. Des travaux sont en cours pour généraliser des moyens de défense rapprochée et des contre-mesures afin de lutter contre les menaces à courte portées et les explosifs improvisés.   A+V     Caractéristiques des générations de chars de combat moyens, 1917-2007   Modèle Mark IV Somua S-35 PzKpfw IV H T-34 Centurion V Leopard 1 A1 Leopard 2 A4 Origine GB F D URSS GB D D Début 1916 1934 1935-45 1941 1947-60 1965 1982 Canon 2 x 57 mm 47 mm 75 mm 76,2/85 mm 83,4/105 mm 105 mm 120 mm Poids 28,4 t 19,2 t 23,0 t 30,9 t 52,0 t 40,0 t 56,5 t Puissance 105 PS 190 PS 300 PS 500 PS 650 PS 830 PS 1500 PS Vitesse max 6 km/h 37 km/h 40 km/h 55 km/h 34 km/h 65 km/h 72 km/h Blindage < 12 mm < 55 mm < 80 mm < 70 mm < 152 mm <70 mm < 150 mm   [1] Pour en savoir plus sur le Landships Committee: firstworldwar.com/weaponry/tanks.htm [2] La technologie des chars BT, du T-34 ainsi que ses successeurs est issue des brevets de l'ingénieur américain J.Walter Christie, dont les engins ne trouvent que peu de débouchés aux USA. [3] Panzerkampfwagen - char de combat. [4] La discrétion et la faible silhouette se paient par une habitabilité inadéquate, mise en lumière durant les conflits israélo-arabes des années 1960-70.
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Le budget de la défense américaine a doublé en dix ans. Pour autant, l'augmentation des capacités n'a pas suivi cette pente ascendante. On devient de plus en plus pessimiste à l'entente de l'expression «Bang for the Bucks». L'examen du budget de la défense 2007 et du Quadrennial Defense Review posent, en effet, bien des questions.   Moins mais mieux? A l'heure où la dette américaine explose, le doublement du budget de la Défense ne résout rien. Le coût des opérations extérieures est considérable. Pire, le montant de la remise en état du matériel prend des dimensions préoccupantes. A raison de 35 milliards de dollars, la réparation de nombreux systèmes d'armes grève le budget. Les Forces sont obligées de centraliser leur matériel pour fournir rapidement les moyens militaires indispensables. Pour plusieurs systèmes actuellement en cours de production, il est possible d'allonger les séries. Mais d'autres engins, à l'instar des indispensables CH-47 Chinook, conçus et produits par Boeing entre 1960 et 1990, il n'y a guère de solution. Le coût de la réouverture des chaînes de montage est prohibitif. En urgence, l'US Army est contrainte d'acheter des Chinook d'occasion, notamment certains exemplaires vendus il y a quelques années à l'Armée britannique, cloués au sol en raison de problèmes d'électronique. L'US Air Force, de son côté, a annoncé sa décision de retirer 1124 appareils sur ses 10856 actuellement en service[1]. Il est intéressant d'examiner ce choix en détail. On y trouve, en effet La totalité des 52 bombardiers furtifs F-117 Nighthawk; 38 B-52 Stratofortress, soit la moitié de la flotte; 138 F-15C Eagle de supériorité aérienne; 275 F-16C Falcon polyvalents; 114 ravitailleurs KC-135E Stratotanker.   La plupart de ces appareils sont en bon état. Les cellules de F-15 et F-16, en particulier, peuvent être remises en état ou revalorisées. On considère qu'à raison de leur utilisation courante, leur vie utile et rentable s'étend largement au-delà de 2010. Il est particulièrement inquiétant, pour les membres de l'US Air Force, de constater que les trois priorités déclarées ces dernières années: achat de chasseurs de nouvelle génération (F-22, F-35), guerre électronique (SEAD, AWACS) et renouvellement de la flotte de ravitaillement, sont mal loties. Dans les deux derniers cas, aucune réponse satisfaisante n'existe. Le projet d'acquérir une centaine de Boeing 767-200 est en sommeil. Quant aux missions de guerre électronique, l'OTAN a dû revoir à sa baisse l'acquisition du E-8 et du E-10; aucun successeur au EF-111 Raven n'est en cours de développement, les missions antiradar (SEAD) étant confiées à une version Wild Weasel du Falcon, le F-16CJ.   Acquisition et politique Parmi les choix récents de l'US Air Force se trouve l'interruption des commandes d'appareils de transport C-17. Le Globemaster est le remplaçant du C-141 Starlifter, un moyen intermédiaire entre le C-135 Hercules et le C-5 Galaxy. Après la mise en service de 120 C-17, entre 1991 et 2004, l'US Air Force entend se concentrer sur ces derniers, âgés de plus de trente ans et miné par des disponibilités de l'ordre de 50% seulement. Bien qu'acquis par la RAF, le C-17 est un appareil décevant. Même après avoir reçu un réservoir interne supplémentaire, son rayon d'action et ses performances se révèlent en deçà des prévisions. Mais la vraie raison de l'abandon officiel du C-17 est ailleurs. Malgré ses lacunes au sein des forces aériennes américaines, le C-17 est un appareil populaire au Congrès. Développé par McDonnell Douglas (MDD), aujourd'hui Boeing, il est le seul programme pour l'usine de Long Beach. Plus encore, le constructeur a fait produire les pièces et les groupes d'assemblage de façon décentralisée, dans plusieurs Etats. Ceci explique le soutien et la pression des parlementaires en faveur du programme. Ainsi, en prévision de la séance budgétaire du 1er octobre 2006, l'US Air Force et ses supporters/lobbies se sont battus pour le maintien de l'enveloppe globale, ainsi que le soutien aux programmes sensibles: F-22 et F-35. De leur côté, les élus parviendront à faire allonger la série au-delà de 180 appareils, même si l'US Air Force n'a demandé ni budgété un seul de ceux-ci. Attachez vos ceintures, car ces mêmes arguments résonnent dans les couloirs de Berne. Depuis l'Affaire des Mirage, la politique du Groupement de l'Armement (Armasuisse), à travers un réseau d'entrepreneurs généraux et de sous-traitants, a eu pour but d'assurer que les programmes suivent aussi près que possible les répartitions linguistiques et cantonales. Le succès est à ce prix. Nous devons à cette politique, en particulier, le sans-faute du Léopard ou du Hornet. Car le soutien des élus et des entreprises est désormais devenu le facteur clé des acquisitions d'armement.   Major EMG Alexandre Vautravers     [1] Robert Dorr, "Pentagon Watch", in Combat Aircraft No.7, 2006, p.16. [2] En ajoutant à BAE Systems le chiffre d'affaire de sa filiale UDI, le revenue passé à 22 636 millions, soit la 3e place. [3] Ne tient compte que des contrats passes par le Département de la Défense américain.
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Le Département des Sciences sociales et du Comportement, ainsi que le Département de Relations Internationales présentent une table ronde et une discussion sur ce thème. Les conflits modernes prennent rapidement, mais sont souvent difficiles à éteindre. Les parties s'engagent fréquemment dans un conflit sans réflexion ou stratégie de repli. Plus de 30 % des conflits contemporains ont débuté il y a plus de 30 ans. Depuis 1956, les forces armées ont été chargées de missions de maintien de la paix ou d'interposition. Plus récemment, les organisations internationales et non gouvernementales partagent ces tâches et ces risques. Cette table ronde propose d'éclairer les défis et les compétences nécessaires à la médiation entre des parties, dans le cadre de conflits armés. Elle le fera au travers d'exemples concrets et d'expériences vécues. L'université Webster à Genève est fière de recevoir deux intervenants disposant d'expériences personnelles considérables et de visions originales : Harriet Martin, ancienne correspondante de guerre, membre du Centre pour le Dialogue Humanitaire, présentera ses travaux et son ouvrage sur la biographie de 6 médiateurs de conflits internationaux. Raymond Sayegh, Professeur de Sciences politiques et de Polémologie, Libanais, Suisse et Français, docteur d'Etat, présentera son expérience et son approche systémique de la négociation dans les conflits armés. La table ronde aura lieu le mercredi 27 septembre 2006 et se déroulera ainsi : 18:30-18:40 Bienvenue 18:40-19:00 Introduction et présentations 19:00-20:00 Table ronde, discussion Emplacement : Commons Room, Living and Learning Center, Webster University Geneva, 15 Rte de Collex, 1293 Bellevue, Genève   Pour toute information: 022 959 80 00 ou: psych@webster.ch; vautravers@webster.ch Cet événement est ouvert au public et gratuit. Venez nombreux! Les intervenants s'exprimeront en anglais et en français.
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L'expression guerre par proxy est née de l'opposition symétrique des deux blocs atomiques durant la guerre froide. Une fois le second bloc équipé d'une masse critique de têtes nucléaires, ainsi que des vecteurs de première et peut-être de seconde frappe, ainsi qu'une doctrine cohérente fondée sur la triade bombardier piloté - ICBM - SSBN, une confrontation directe n'est plus envisageable. Les armes de destruction massive prennent alors un rôle symbolique de résolution et de dissuasion. Cet attentisme laborieux et coûteux a été appelé MAD, pour Mutual assured destruction - en d'autres termes, l'équilibre de la terreur. Or la guerre froide a connu bien des épisodes chauds. On peut évoquer les guerres de décolonisation des années 1940-1960, puis de recolonisation (brushfire wars) lors du demi-siècle suivant, pour la maîtrise de marchés, de zones d'influence ou de ressources. Ces conflits ont habituellement été décrits comme "limités" ou "de basse intensité", même si l'investissement militaire, financier et politique a, dans certains cas dépassé les enjeux et les règles de la théorie des dominos, à l'exemple de l'enlisement américain au Vietnam. Elles ont cependant en commun d'avoir été menées sur des théâtres d'opération secondaires ou périphériques. Pour éviter d'engager les forces de "haute intensité" dans ces théâtres secondaires, il a fallu mettre au point un nouveau concept: celui de proxy - à savoir un affrontement par acteurs interposés. Les exemples sont légion, ne citons ici que: l'encouragement de l'Islam en tant que "ceinture verte" contre le communisme (ex Afghanistan); la guerre civile au Nicaragua (ex Contras); l'engagement de troupes cubaines pour soutenir le MPLA en Angola, pour faire bonne mesure... L'année 1956 et l'échec de l'opération "Mousquetaire" à Suez permet aux USA de distancer Israël de ses soutiens européens, auxquels elle supplée par sa propre aide militaire, considérable. On peut dire qu'à partir de cette date, Israël est devenu la tête de pont diplomatique et militaire américaine au Proche Orient - en d'autres termes: le proxy des Etats-Unis d'Amérique. Le renseignement, le soutien économique, les transferts de technologie et la couverture diplomatique -en particulier au sein du Conseil de sécurité de l'ONU- ont ainsi conféré à Israël une marge de manœuvre politique et militaire inégalée dans la communauté internationale. Cette indépendance et cette liberté d'action n'a pas été sans conséquences sur la politique américaine. A tel point que certains auteurs n'hésitent pas à demander, aujourd'hui, qui est le proxy de qui? La guerre actuelle au Liban n'est pas un conflit asymétrique. Un jour, on dissipera d'ailleurs le mythe de ces guerres dites du "faible au fort". Car, comme le démontre Martin Van Creveld, les rares guerres symétriques qu'a connu l'histoire, à l'exemple des guerres des princes du XVIIe siècle, sont réglées et tiennent davantage du jeu que de la guerre. Il faut donc remettre les armes à leur place. Les armées et les combattants irréguliers ne sont, dans le conflit qui oppose en apparence Tsahal au Hezbollah, que deux instruments parmi une palette considérable de moyens directs, indirects, de force ou de communication, d'intérêts politiques ou économiques. Les vrais acteurs de cet affrontement, sont les USA d'un côté, l'Iran de l'autre. En obtenant le retrait des troupes syriennes du Liban, la diplomatie américaine est parvenue à ouvrir la voie à un engagement des forces israéliennes dans un territoire de vide militaire et stratégique. Tout affrontement direct avec des armées régulières, conduisant à un risque d'escalade régional, est ainsi écarté. Quant aux adversaires d'Israël, la Syrie est aujourd'hui intimement mêlée au processus de guerre contre le terrorisme (extraordinary rendition program) et l'Iran, qui a fait monter les enchères pendant près d'un an, a obtenu des USA de l'électricité nucléaire à prix cassé. Cela prive les mouvements pro-iraniens en Irak et au Liban de soutien et fait simultanément de ces deux pays des adversaires bien mous, face à l'offensive israélienne au Liban... Pour comprendre cet affrontement, il faut le décomposer en échelons. Israël et les USA ne jouent pas dans la même ligue: les objectifs stratégiques des premiers sont les objectifs opératifs des seconds. Pour les Américains, l'issue d'une opération interarmées de sûreté sectorielle d'une profondeur de 40 par 20 km compte bien moins que l'attention de l'opinion comme des diplomates, détournée durant un mois de l'Irak vers le Liban. Quelle que soit la force ou la victoire opérative de Tsahal, l'essai ne peut être transformé qu'à l'échelon stratégique, au bon vouloir et aux termes de la politique régionale américaine. Celle-ci prévoit, à terme, de nouveaux équilibres, de nouvelles frontières, ainsi qu'une présence permanente. La marge de manœuvre d'Israël est donc aussi limitée que celle des franco-britanniques à Suez il y a un demi-siècle.   Major EMG Alexandre Vautravers     Source : EclairaGE No.7, 2006 Légende : troupes israéliennes héliportées, 12.8.06 (source IDF)
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La situation d'enlisement américaine en Irak, comme potentiellement celle de l'armée israélienne au Liban, est symptomatique de conflits complexes. Il n'est plus possible en effet, de simplement catégoriser les conflits non traditionnels dans une case asymétrique, car tout conflit comporte des méthodes ou des lignes d'opération indirectes, diplomatiques, la désinformation ou la propagande. Des technologies différentes, mais toutes deux à la pointe, sont utilisées: à l'exemple des armes de précision contre le hacking ou le swarming des résistants sur l'Internet. La difficulté présente est qu'un même conflit, en raison de la multiplicité des acteurs, connaît une surenchère de méthodes, d'objectifs et d'actions plus ou moins bien coordonnées, parfois contradictoires. Même si les armées conventionnelles et, dans une moindre mesure, les groupes insurgés, sont engagés en priorité dans un seul type d'action (défense, surveillance, sûreté, CIMIC, coopération, démonstration de force, embuscade), à l'échelon tactique et opératif, il est nécessaire de suivre, d'agir et de conduire/maîtriser simultanément de nombreux volets d'engagements. Ces types d'engagements sont définis dans les manuels et la doctrine, sous des entrées différentes. Citons par exemple: 1. FM 90-3 Tactics 2. FM 90-8 Counter-Insurgency (COIN) Operations 3. FM 100-5 Operations 4. FM 3-06.11 Combined Arms Operations in Urban Terrain La gestion des contradictions qui peuvent résulter de ces superpositions de types d'engagement nécessite une maîtrise de l'information et de la communication, afin d'expliquer les démarches, les choix et les actions entrepris, afin de permettre à l'opinion d'accepter ou du moins de comprendre ceux-ci. Nous avons cherché les références et les principes d'action pertinents aux actions actuelles. Le but de ce résumé est de lutter contre l'éclatement du savoir et des spécialités au sein des forces. Pour autant que la victoire ait encore un sens, elle appartient dans tous les cas à ceux qui sortent la tête du guidon, afin de gagner la vue d'ensemble et définir l'horizon tactique, opératif ou stratégique. Une insurrection nécessite trois pré-requis: une population vulnérable, un leadership et une faiblesse de la gouvernance à l'échelon nationale. De plus, d'autres conditions sont nécessaires: un soutien populaire, une unité d'effort, une volonté de résistance, une organisation de conduite, la discipline, des renseignements, la propagande, un environnement favorable (opinion, situation économique), un soutien extérieur. On peut se demander si aujourd'hui, ce soutien extérieur est encore indispensable? Au sein d'opérations anti-insurrectionnelles, il existe trois groupes de cibles: la population, les insurgents et les acteurs externes. On peut ajouter désormais l'opinion publique des pays tiers, du pays déployant des troupes, sans parler des acteurs privés aux motivations et intérêts divers: entreprises multinationales, ONG, organisations internationales. Tout pays engageant des forces dans un pays étranger devient un acteur du conflit. Dans le cas des USA, la désignation de ce type d'opération, Foreign internal defense (FID) ne laisse planer aucun doute sur les enjeux pour le gouvernement américain (2). Cette conception fait planer des doutes sur la capacité à rétablir l'ordre, la sécurité ou la stabilité dans un pays en guerre, voire de rester neutre. Est-il alors possible de participer à du Nation building sans prendre activement parti? L'action de troupes suisses dans le cadre d'opérations de maintien de la paix (PSO) est-elle la même sur le terrain et en Suisse? La doctrine COIN américaine est basé sur une montée en puissance: conseillers, renseignement, appui, etc. L'engagement de formations de combat est, en principe, un effort ultime pour redresser la situation. Comment gérer une crise dans le cas où le combat est organisé avant la mise en place d'une administration et d'une gouvernance locale? Peut-on encore croire qu'un gouvernement "importé" de l'étranger est crédible? Les cas afghans et irakiens rappellent terriblement l'entreprise de mettre en place, en France en 1944 puis en Allemagne en 1945, une AMGOT (American Government) d'occupation. Les 5 principes à respecter dans une COIN sont: 1. La proportionnalité (appropriate) 2. La justification 3. Utiliser le minimum de forces 4. Choisir des engagements au profit de la population (benefit) 5. Faire le moins de dommages possible (damage)   Les principes du combat en zones urbaines (CEZU - MOUT) sont : 1. Mener des opérations de renseignement et de surveillance ciblées et agressives 2. Conduire le combat rapproché; éviter le combat à longue distance/indiscriminatoire 3. Ne pas s'engager dans un combat d'attrition (à la Pyrrhus) 4. Contrôler les points-clés 5. Minimiser les dommages collatéraux 6. Séparer les combattants des non combattants 7. Rétablir les services (publics) essentiels 8. Préserver l'infrastructure 9. Comprendre la dimension humaine, sociale, culturelle 10. Etre en mesure de changer de type/seuil/intensité d'opération afin, par exemple de reprendre des actions de mouvement, d'assurer une transition vers des opérations de sûreté, humanitaires, etc. Les points-clés peuvent se définir sous la forme de passages obligés, mais peuvent également inclure des infrastructures vitales ou des endroits/bâtiments symboliques. La tactique consiste à concentrer des forces sur des actions/objectifs ponctuels. Avant toute intervention, ceux-ci doivent être "isolés" par l'observation et le feu. A cette fin, les armes lourdes ou à longue portée à trajectoire directe - chars, snipers - sont les mieux adaptés. Les formations d'infanterie, "l'arme des 300 derniers mètres...", sont traditionnellement les plus sollicitées dans les engagements CEZU/MOUT. Cependant, elles sont lentes, extrêmement vulnérables, disposent d'une faible puissance de feu et d'une faible capacité de réaction/transition. Afin de les protéger, de maintenir leur orientation (situational awareness) et d'augmenter leur capacité de réorganisation/transition, ces formations doivent disposer de véhicules de transport blindés et escortées/appuyées par des armes lourdes. La coopération interarmes est essentielle. Le panachage s'effectue jusqu'aux échelons les plus bas (groupe/section). 70 % de la population mondiale vit actuellement dans des zones urbaines. Ce taux ne peut qu'augmenter ces prochaines années, en raison de l'exode rural dans les pays en voie de développement. Le taux est encore supérieur dans les pays industrialisés. Les villes sont donc devenues le terrain d'action prioritaire des engagements humanitaires, d'urgence, mais également des conflits armés. Or on constate dans le même temps que: La plupart des armements et équipements actuellement en service ont été conçus - avec raison - pour des engagements aux distances maximales. Des optiques et des armes capables d'agir efficacement et vite à courte comme à longue portée sont nécessaires. La protection des engins est conçue avant tout pour résister aux coups directs. Une protection des flancs et du dessus est également souhaitable. Les blindages actifs posent autant de problème qu'ils en solutionnent. La vision panoramique de la plupart des systèmes de surveillance ou de pointage est insuffisante pour des engagements à courte distance. Une vision "déportée" basée sur des drones ou des bras télé-opérés est souhaitable. Le temps de réaction des armes actuelles, manuelles, est inadéquat. On parle de plus en plus de systèmes automatisés de surveillance, d'alerte ou de pointage. Les ogives de guerre sont conçues pour détruire/percer des engins blindés, ou pour battre des buts mous à découvert. Ils n'ont pas l'efficacité ni la rentabilité requises pour agir efficacement sur des constructions/renforcements de terrain. Les armes d'infanterie doivent hériter des développements conçus pour les bombes et obus de gros calibre: engins thermobariques (FAE), incapacitantes, etc. A côté des armes et explosifs conventionnels, les explosifs improvisés (IED) et les pièges nécessitent une nouvelle appréciation de la menace et de l'équipement. Bien sûr, les uns rêvent de Paix et les autres rêvent de bataille rangée ou de chevalerie. Il est urgent de se mettre à la page...   Major EMG Alexandre Vautravers   Source : EclairaGE No.7, 2006 Légende : unitée américaine en Irak, 2003 (source Université de l'Ohio)
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